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vendredi, 18 janvier 2008

Anesthésie.

(Quotidien Janvier 2008) J'accompagne ma fille pour une opération à l'hôpital. C'est sa  première anesthésie générale. Elle est nerveuse, impatiente et en même temps curieuse. La chambre est rose. Je regarde dehors, il fait encore nuit.

-"Il faut te préparer et enfiler la blouse pour l'opération."

-"Dit papa c'est vrai que je ne vais pas pouvoir compter jusqu'à trois avant de m'endormir".

-"Oui c'est vrai".

-"Moi ce que je veux c'est voir la salle d'opération et le moment où ils me feront la piqûre".

-"Tu verras bien, mais tu sais, cela va très vite".

-"C'est nul cette blouse tu te rends compte il n'y a que trois bouton dans la dos".

-"Je peux garder mon slip quand même".

-"Mais oui bien sur, par contre n'oublie pas d'enlever tes boucles d'oreilles".

Elle revient et nous rions ensemble de la voir dans cette tenue. Nous regardons la télé. Les 23 chaînes sont gratuites pour la journée, aucune ne l'intéresse. Une infirmière rentre dans la chambre. Elle prend sa tension et nous explique le déroulement de la journée. Elle est précise, agréable et professionnelle. Elle lui donne un médicament avec de l'eau sucré pour la détendre.

-C'est dégoûtant, beurk".

C'est le départ vers la salle d'opération. Nous marchons à coté du lit dans les couloirs et l'ascenseur. Elle trouve cela très drôle. Nous arrivons enfin dans une salle où des lits vides sont rangés les uns à coté des autres comme dans un garage. Elle regarde partout. Elle est fascinée par les tenues des employés, des infirmières, des anesthésistes, des médecins ou des chirurgiens. Les masques sur les visages. Les habits de papier verts, blancs ou bleus. Les protéges chaussures qui crissent à chaque pas. Elle essaye de compter le nombre d'opération prévu dans la semaine sur le planning des opérations sur un tableau blanc. Les portes automatiques s'ouvrent bruyamment sans arrêt. C'est un va et vient ininterrompus. Un vieux monsieur arrive dans son lit. Il dort en respirant bruyamment pendant que les infirmières le gare et parlent du programme télé de la veille. Elle commence à s'assoupir, elle a du mal à maintenir ses yeux ouverts. Je lui parle et elle rit sans raison, je lui fais des grimasses et nous éclatons de rire.

-"Chuuutttt noins de bruit il y a des gens qui dorment."

Le médicament commence à agir. Elle prend son pouce dans sa bouche (il y a longtemps que je ne l'ai pas vu faire ça) et pose sa tête sur l'oreiller. Je souris en la regardant. Je lui caresse la joue doucement et replace une méche de cheveux. Les infirmières viennent la chercher. Elles déplacent le lit et la réveille. Elles la font passer sur un branquard  pour la conduire au bloc opératoire. 

-"Ne vous en faites pas monsieur, tout ira bien, dans une heure ce sera terminé. Nous vous appelerons".

Les portes automatiques s'ouvrent et se referment brutalement pendant qu'elle m'envoie un baiser.

Il est 9h15. Je reste seul quelques secondes debout avec les lits vides et une boule dans la gorge.    

mercredi, 09 janvier 2008

Pleine et entière.

(Quotidien Décembre 2007) Le soleil pointe à peine entre les volets de la chambre. Tu dors encore, les enfants aussi. Je me lève doucement et descends dans le salon. La maison est froide. J'ouvre la porte au chien et aux chats. J'enfile vite un pantalon, un pull et mon manteau. Je vais sur la place du village boire un café  avec le chien. Noël est passé. Les poubelles sont pleines de cartons d'emballage de papiers cadeaux déchirés et de sapins dépiautés. Des pères Noël descendent les façades des maisons. Des guirlandes oubliées clignotent. Je commande un café. Un homme gratte un par un des tickets de Banco. Perdu. Je pense à la  joie des enfants en ouvrant les cadeaux. Nous avons parlé des noëls précédents et regardé les photos des albums. J'ai perdu au Monopoli, normal, je n'avais que deux gares et les bleus. Internet est en panne j'espère que cela ne durera pas trop longtemps. Le portable vibre dans mon sac au moment où le serveur pose mon café sur la table.

-"Tu es où?

-"Au café sur la place. Je t'offre le café, tu viens?"

-"J'arrive".

Je regarde autour de moi. Je suis bien.