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samedi, 29 décembre 2007

Bonne année à tous et à l'année prochaine.

vendredi, 28 décembre 2007

Evasions adolescentes.

(Mémoire 1976) Pendant des années je passais d'une classe à l'autre sans effort. Je me laissais porter en faisant confiance à mes capacités. Les remarques des profs étaient toujours les mêmes, "bon travail" , " Marc a des possibilités", mes parents étaient contents et moi j'étais tranquille. C'est à partir de la seconde que les choses ont changé.  Je faisais toujours autre chose que mes devoirs. Je lisais, j'écrivais sur mes carnets, j'écoutais de la musique, je me branlais, je dormais, j'imaginais une autre vie. Je ne pouvais pas travailler ni aller à l'école, ma tête était trop pleine de problèmes. C'est à se moment là que j'ai commencé à ne plus aller en cours et à partir de la maison sans prévenir. J'avais besoin d'être seul, de réfléchir. Je traînais dans les rues et les cafés ou restais dans une maison abandonnée près de la rivière pendant des heures. J'étais bien. Je revenais quand j'avais faim, froid ou qu'il faisait nuit.  Les parents  avaient eu peur, ils avaient prévenu les flics ou téléphoné au lycée et ils m'engueulaient. J'étais inconscient de leur faire des trucs pareils et puis ils oubliaient un peu. Je devais rattraper les cours et tout était encore plus difficile qu'avant. Les profs, les parents sentaient que ça n’allait pas, mais personne ne me parlait ni m'aidait et ma vie ne changeait jamais. 

mardi, 25 décembre 2007

Cadeau de Noël.

(Mémoire 1973) Dans le champ derrière les maisons de ma rue, une grande marre s'était transformée en patinoire. Mes chaussures glissaient bien sur la glace. C'était comme les patins à roulettes, mais en beaucoup mieux, plus rapide, plus fluide et plus amusant. La glace a cédé quand je suis arrivé au milieu de la marre. Je me suis retrouvé dans l'eau glacée jusqu'aux genoux. Je suis sorti de l'eau difficilement et sans pleurer. Il n'y avait personne pour me m'aider. Mon pantalon et mes chaussures ne séchaient pas et j'ai attendu longtemps dehors de peur de me faire engueuler. Il tombait une petite pluie fine et froide qui faisait fondre la neige et la glace. C'est mon frère qui est venu me chercher, envoyé par les parents inquiets. Maman m'a fait boire un  bol de vin chaud avec du sucre. Elle m'a frictionné les pieds, les jambes et le corps avec une serviette chaude avant de me coucher dans mon lit avec une bouillotte. Elle ne m'a pas engueuler elle était rassurée de me voir rentré à la maison. Le lendemain il n'y avait plus de neige du tout et j'ai joué à la maison avec la voiture téléguidée que m'avaient offerte les parents pour noël.

dimanche, 23 décembre 2007

La malle bleue.

0fb423376e553ff25db8ddf2439ee605.jpg(Quotidien 18 Décembre 2007) Je suis allé chercher la grande malle bleue dans la buanderie. J'accroche à la fenêtre un petit bonhomme étrange en carton vert et rouge fait à l'école par ma fille. Je suspends au mur une broderie du père noël offerte par ma belle soeur. Une boule de polystyrène coloré et doré trouve sa place sur la branche du sapin Ikea. Ma fille découvre une pince à linge avec une pomme de pin dorée à la peinture.

-"Regarde papa c'est moi qui l'ai faite à l'école. C'est vieux. C'est vraiment moche non!".

-Non moi je l'aime beaucoup cette décoration. Accroche la sur le sapin".

Ma femme déplie les guirlandes dorées et les pose délicatement. La malle se vide progressivement. 

-"Papa tu as mangé ton chocolat aujourd'hui ?"

-"Ha non, donne le moi".

 Ma fille ouvre la petite porte du jour sur le calendrier de l'avent et me donne un minuscule chocolat en forme de sapin.

Nous avons reçus par la poste des colis à n'ouvrir que le 24 au soir et un peu d'argent pour nous et les enfants. J'ai terminé mes achats et nous nous disons en secret ce que nous avons choisis. Les cadeaux reçus sont sous le sapin. Nous ouvrirons tous les paquets vers minuit, à la fin du repas, avant le désert et après la ballade dans le village avec le chien et les deux chats pour laisser le temps au père noël de faire son travail.  

J'ai téléphoné à ma mère. Elle sera avec mon frère et ma sœur pour les fêtes. Elle a de nouveau mal aux hanches et n'arrive pas à chauffer correctement la maison tellement il fait froid. J'ai remercié ma belle mère et lui ai dit combien ils me manquent tous, elle et ses enfants et comme j'aimerai les voir plus souvent. Ce sera pour l'été prochain. 

Il fait moins froid depuis quelques jours, ma fille regrette beaucoup qu'il n'y ait pas de neige. Je pense à mon père qui pour me faire lever plus vite le matin me faisait croire que la neige était tombée pendant la nuit. Le sapin est terminé. Je referme la malle bleue.

 

 

Bonnes fêtes à tous.

vendredi, 21 décembre 2007

Cela vous dit quelque chose?

(Mémoire 1974) Nous avons récupéré des kimonos et des ceintures de couleur. J'ai autour de la tête en bandeau noir et aux pieds une paires de tong. Dans les sous-sols des copines ou dans la rue nous dansons en groupe sur cette musique. Encore et encore. "Everybody was kung-fu fighting.....................


Vidéo ici

mardi, 18 décembre 2007

39°

(Quotidien Décembre 2007) J'ai la tête coincée dans un étau. J'ai froid et chaud en même temps. Je n'ai pas faim (c'est rare). J'ai envie de dormir  mais si je dors je me réveille en sueur ou je fais des cauchemars. J'ai des courbatures, dans le cou, les jambes et les épaules. J'ai envie de rien. Je n'ai pas le moral. J'ai de la fiévre. Je suis en arrêt de travail. Je suis geignard. Je suis insupportable. Je suis chiant. Je suis un homme malade. J'ai la grippe.

vendredi, 14 décembre 2007

Limites.

(Mémoire 1971) J'accroche avec des pinces à linges deux morceaux de cartons bien solides aux montants de mon porte bagage. Je pédale de toutes mes forces et je descends ma rue en faisant un bruit infernal de moto. Je freine de toutes mes forces au dernier moment et j'arrive pile sur la ligne blanche du stop. Je marche en équilibre sur les poudres poussiéreuses de la grange de la tante Mauricette à 15 mètres au dessus du sol. Je saute du pont dans la rivière. Je dévale en courant le grand talus de la voie de chemin de fer. Je serre mes mains autour de mon cou jusqu'à ne plus pouvoir respirer.

lundi, 10 décembre 2007

INR.

(Quotidien Décembre 2006-Souffle au coeur) Visite chez le médecin pour mon cœur. L'INR est trop haut et je risque une hémorragie. Je m'en doutais car au laboratoire mon sang était  liquide comme de l'eau et d'un rouge pas assez sombre quand il a coulé dans le tube. Il m'ausculte rapidement et méthodiquement, ses mains sont froides et poilues, il va vite. La tension est bonne. Il écoute la valve. Je demande comment elle va. Elle va bien. Je pose toujours cette question, comme si je parlais d'une chose vivante à l'intérieur de moi. Je suis épuisé, j'ai un peu de fièvre et je tousse.  J'attends les vacances de Noël avec impatience. Il me propose un jour d'arrêt, ce n'est pas son habitude. Je dis oui de suite et je lui demande de le mettre en "enfant malade" pour ne pas perdre de salaire. Il tape l'ordonnance sur son ordinateur et elle sort immédiatement de l'imprimante. Je quitte le cabinet médical rassuré et je vais à la pharmacie pour acheter mes médicaments, mopral, préviscan, coversyl, j'en profite aussi pour prendre une pommade cicatrisante pour ma fille. Je rentre à la maison à pied et je marche doucement. Je regarde les gens dans leurs maisons assis autour de la table de la cuisine ou dans le salon devant la télé. Je pense à moi quand j'étais enfant avec mes parents dans la cuisine jaune.

dimanche, 09 décembre 2007

Salle de pause.

(Quotidien Décembre 2007) La salle de pause de mon entreprise est trop petite. Depuis des mois, les délégués du personnel et les syndicats demandent une salle plus grande et mieux équipée. Rien ne change. Je fais la queue devant le micro ondes avec mon plat cuisiné acheté au Lidl. C'est long. Sylvain me parle. Il veut partir. Il veut changer de boite. Il me le dit tous les jours. C'est long cette attente. Un groupe de personnes entrent dans la salle, des nouveaux. Ils n'arrêtent pas d'embaucher des CDD qui arrivent et repartent après quelques mois. Je reconnais des visages. Je regarde mon portable. Je n'ai pas de message. Je me demande comment tu vas. Tu avais l'air si fatigué ce matin quand tu es partie. Enfin le micro onde. Je place mon repas, ferme la porte et tourne le bouton. 2,3,4 non 3 minutes, ce sera suffisant. Le portable vibre dans ma poche. C'est toi. Tu vas bien. Tu me proposes de manger avec toi quelque part à la plage. Dommage. Il est déjà trop tard. J'ai juste le temps de manger avant de reprendre le travail. Vraiment dommage. Tu as des nouvelles du lycée? Oui tout va bien. Les cours ont recommencé. Je t'embrasse et à ce soir. Je rejoins Catherine, Manu, Sylvain et Zina. Nous somme à la table prés de la fenêtre. Il fait moins chaud. Un collègue passent derrière moi et me bouscule pour atteindre les frigos et les micros ondes. Pardon. Excuse moi. C'est rien. La salle de pause est trop petite.

samedi, 08 décembre 2007

Je me demande.

(Mémoire 1978) Un enfant joue dehors, son ballon frappe la grille de la cour. J'ai vomi dans le couloir et les chiottes. J'ai laissé du sang dans les lits, la baignoire et le lavabo. Je me suis fait mal en tombant dans les escaliers du sous-sol. Je commence doucement à dormir. C'est bon de s'enfoncer. J'ai déchiré les carnets et jeté à la poubelle les pages écrites et les photos. Les médicaments de papa me font mal à la tête et l'alcool me brûle l'estomac. J'ai mal aux poignets. Je me demande comment font les gens.

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