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vendredi, 30 novembre 2007

Filaplomb.

52401329d0e4b1bcb3fcac1852fde951.jpgJe l'ai reçu dans son enveloppe avec le courrier du mardi matin après l'avoir commandé Dimanche soir ICI. Je l'ai vite glissé dans mon sac et je suis parti travailler. J'ai ouvert l'enveloppe en attendant à un feu rouge. Je l'ai lu pendant mon déjeuner dans le bruit de la salle de pause. Je l'ai relu le soir à la maison pendant que ma femme et ma fille regardaient la télé. Je l'ai pris dans ma poches le Mercredi matin et je suis allé à la plage. Je l'ai lu encore une fois assis sur le sable face à la mer et au soleil du matin. J'ai aimé l'écriture, l'histoire, la pudeur et j'ai envie de recommencer l'expérience. Cela commence comme ça: "Il était passé devant elle et leurs regards s'étaient croisés. "

"Florence" Nouvelle 21 pages de Jean Louis Ruffel éditions Filaplomb  4,20 euros

jeudi, 29 novembre 2007

Une maison dans le Sud.

 (Mémoire Août 1995 ) J'ai enfin trouvé la maison. Le patron a été d'accord pour vous payer l'avion et nous la visitons tous les quatre avant de prendre une décision. Elle est toute neuve. Nous serons les premiers locataires.  Les murs sont crépis en rose. Il y a 3 chambres, la plus petite sera pour nous c'est évident. Tout est blanc et propre. La lumière est partout. La salle principale donne sur une jolie terrasse spacieuse recouverte de dalles en pierre roses et grises. La terre dans le jardin vient d'être déposée elle est presque rouge. Nous marchons d'une pièce à l'autre, nous passons dans le jardin puis le garage et la rue. Doucement. C'est un lotissement totalement neuf avec des pins encore jeunes sur les trottoirs tous les 10 à 15 mètres. C'est calme. Une voiture ou une moto passe de temps en temps. Le ciel est d'un bleu incroyable. Il fait extrêmement chaud. J'explique à ma fille que le vent qui souffle s'appelle le Mistral. C'est tellement différent de l'appartement au  rez de chaussé que nous louions à Reims. Le loyer est correct. Ma mutation dans le sud s'accompagne d'une augmentation de salaire importante et d'une prime de déménagement. Je suis heureux de vous voir après tout ce temps passé seul à l'hôtel. La maison vous convient, c'est important. C'est là que nous allons passé les prochaines années tous ensemble à quelques kilomètres de la mer.

mardi, 27 novembre 2007

Les courses.

c00fcc6154b35351dc0fa1bac1e1b37f.jpg(Quotidien Novembre 2007) Nous faisons nos courses au Lidl. Nous savons ce dont nous avons besoin (ma fille fait une liste le plus souvent) et ce qui nous convient en terme de prix et de qualité (les produits ont déjà été testé et approuvé). Nous choisissons chacun une allée (il y en a quatre)  et nous prenons les produits nécessaires avant de revenir les poser dans le caddies garé souvent prés des légumes. Je fais un rapide point sur le contenu du caddie pour éviter les doublons ou les oublis avant le passage en caisse et en 15 minutes nous avons fait les courses des 15 jours à venir pour une somme entre 40 et 80 euros. Les articles sont rangés dans trois sacs différents en fonction de leur lieu de rangement à la maison. Frigo. Salle de bain et divers. Placard. Une  ballade au marché le Dimanche matin. Une visite au centre du village chez Marc un boucher sympathique, beau parleur et pas cher qui nous connaît bien et prend les tickets restaurant. Un passage journalier au "fournil d'Eugène" l'excellente boulangerie juste derrière la maison. Une visite mensuelle chez Picard pour les légumes, au Carrefour, au Leclerc ou à l'Intermarché du village quand cela est absolument nécessaire. Nos courses sont  rapides, précises et économiques. Il n'est pas question de traîner dans les magasins devant des produits que nous ne pouvons pas nous permettre d'acheter et dont nous n'avons pas vraiment besoin. Nous faisons comme des millions de gens en France en ce moment et dont le pouvoir d'achat diminue de mois en mois.

lundi, 26 novembre 2007

Dernier repas.

(Mémoire 1997) Papa est au bout de la table, il est blanc, totalement transformé par la maladie et la douleur qui le ronge depuis des mois. Je vois les efforts qu'il fait pour rester avec nous. Il n'a presque pas mangé pendant le repas et il a du mal à participer à la conversation. Nous partons bientôt dans la famille de ma femme. Un cousin, sa femme et ses enfants sont arrivés sans prévenir à la fin du repas. Je n'avais pas envie de les voir, ils occupent la conversation avec leurs banalités et leur vulgarité. Les enfants crient et courent partout, ils fouillent dans mes jouets d'enfants et c'est insupportable. J'ai envie qu'ils partent vite mais ils restent. J'ai envie de crier. Partez vite. C'est ma famille. C'est mon père. J'ai tellement de chose à lui dire. Je sais que c'est la dernière fois que je le vois. Maman sert le café et propose à tous des gâteaux. Ma fille me rejoint et monte sur mes genoux. Elle veut partir. Je lui propose d'aller jouer un peu ou de regarder la télé pour patienter. Ma femme me regarde de temps en temps, elle comprend mon impatience, mon énervement et ma peine. Je me lève et je rejoins ma mère dans la cuisine. Elle commence la vaisselle et je prends un torchon posé sur la table pour l'aider. Je lui demande comment va papa. Elle ne répond pas et pleure sans bruit. Elle essuie ses larmes avec le torchon rouge suspendu à la ceinture de son tablier. Ma femme me rejoint et nous décidons de partir. C'est difficile, les cousins sont toujours là et papa reste silencieux, ils se lèvent péniblement et nous nous disons au revoir. J'embrasse papa et je n'ose même pas le prendre dans mes bras et pourtant j'en ai tellement envie. Nous montons dans la voiture, nous nous disons au revoir d'un signe de la main et trés vite nous passons le virage au bout de la rue. C'était la dernière fois que je voyais mon père.  

jeudi, 22 novembre 2007

Bol d'air.

(Quotidien Novembre 2007) Le vent souffle depuis plusieurs jours, ce matin ils annonçaient 120 Km heure. Je suis garé face à la mer sur le parking de Carnon. Le ciel est sombre, nuageux et lumineux en même temps. Il est bas et se confond avec la mer. Les vagues écument et roulent sur le sable dans un bruit infernal. Les mouettes crient et plongent pour pécher. Un homme marche sur la plage pliant son corps pour affronter le vent et le sable piquant. J'ai essayé moi aussi de marcher mais j'ai vite renoncé. Je reste à l'abri dans la voiture qui bouge sous les assauts du vent. Je regarde le spectacle ou je lis.
Dans la nuit un bruit nous a réveillé. Je me suis levé et je suis descendu dans la cour. J'ai cherché, puis j'ai distingué une ombre bizarre et mouvante dans le fond de la cour. Je me suis approché. Un arbre du jardin voisin était tombé, détruisant une partie du mur mitoyen. Tu m'a rejoins dans la cour les bras serré contre toi pour te protéger du vent et du froid. J'ai fais le tour de la maison pour vérifier les fermetures des volets, des portes et des fenêtres et j'ai fais rentrer les chats pour que tu ne t'inquiétes pas. Je t'ai rejoint dans le lit, il était 2h30 et nous avons mis longtemps avant de nous rendormir.

Je sors de la voiture une dernière fois avant de partir travailler. Le vent et si violent que j'ai le souffle coupé et manque de tomber. Les embruns me mouillent le visage et les odeurs marines sont puissantes.    

mardi, 20 novembre 2007

Où il fait toujours beau où tous les jours sont chauds.

736ad66c43a06ac0879b726fe2dfcbcf.jpgDepuis quelques semaines Gérard Lenormand fait la promotion de sa biographie et chaque fois que je le vois je pense à ce disque que j'écoutais sans arrêt, en 1972 sur mon tourne disque rouge. (You tube version 1972) (Paroles et musique de Richard seff , Daniel Seff 1972) 

jeudi, 15 novembre 2007

Mise à mort.

(Mémoire 1970) C'est toujours maman qui tuait le lapin. Elle procédait toujours de la même façon. Elle le suspendait par les pattes arrières à un clou posé au plafond du sous sol. Elle prenait la tête entre ses doigts et d'un geste précis et rapide elle tranchait la gorge avec un couteau pointu. Le sang coulait dans un seau posé au sol. Le lapin remuait, criait et se cambrait mais elle le maintenait fermement pour éviter les éclaboussures. Il mourait très rapidement. Elle dépiautait le lapin encore chaud en tirant sur la peau comme on enlève un gant. Je regardais cette violente mise à mort effrayé et faciné assis sur les marches, les bras serrés autour de mes genoux.

mercredi, 14 novembre 2007

Tout voir.

da446255414e404f39379bfc9e161778.jpg(Mémoire 1977-1978) Je rentre dans le cinéma par la porte de sortie. Je me faufile dans les escaliers à contre courant des spectateurs qui sortent et m'introduit directement dans la salle alors que le générique du film se termine. Je paye une place et je passe d'une salle à l'autre avant la fin du film. Ca marche à tous les coups. C'est simple. Aucune caméra. Pas d'ouvreuse. Personne pour me surprendre. Le système est bien rodé. Je ne suis pas le seul à le connaître.  Je passe des journées, des nuits entières dans les salles de cinéma à voir et revoir les films de cette fin année 1977 et début 1978. Je suis loin du "Rex" le petit cinéma de 150 places de ma ville avec son film du Dimanche après midi à 16h30 et son porno du Samedi et dimanche soir à 23H00. Je suis à Paris dans les plus grandes salles des grands boulevards. Le Gaumont Opéra, l'UGC Opéra boulevard des Italiens dans le 9 iéme arrondissement. L'UGC Odéon boulevard St Germain dans le 6 iéme arrondissement. Le Gaumond Ambassade, l'UGC Normandie, Le Publicis Cinéma sur les Champs Elysées Métro Etoile dans le 8 iéme arrondissement. "Diabolo Menthe" avec la musique de Yves Simon, "La dentellière" un des premiers films de Isabelle Uppert, "La vie devant soi" avec Signoret, "Emmanuelle", "Star Wars" pendant des heures "Rencontre du 3 iéme type" 2,3,4 fois dans la même journée et la  "La fiévre du Samedi soir" dans des salles pleines à craquer, des gens habillés façon Travolta dans les fils d'attentes et partout la musique des Bee Gees. Dans les boulevard plus populaires il y a les salles plus petites et spécialisées où les gens dorment, ronflent, mangent ou baisent. 2,3 ou 4 films à la suite au programme. Les films de Bruce Lee et de karaté, les films d'horreur italiens ou fantastiques japonais remplis de monstres préhistoriques aquatiques ou volants et les pornos français avec Brigitte Lahaie ou américains avec John C Holmes. Je n'ai aucune limite, je veux tout voir. 

lundi, 12 novembre 2007

Quiétude.

21708ebf6e8cbc8c142558dea81499e3.jpg(Quotidien 4 Novembre 2007) Nous nous promenons avec mon beau frère et sa femme venu passer quelques jours chez nous. Nous avons choisis de suivre le plus longtemps possible l'aqueduc de Castries. Dans le village les maisons s'encastrent entre les pieds de l'aqueduc et la rue principale passe sous une arche haute de 20 mètres. Dans la garrigue et les bois, l'aqueduc enjambe les sentiers et dessine des courbes.  Il s'ajuste au dénivelé du sol et les arches rapetissent progressivement pour disparaître et laisser place à un conduit en pierre d'une profondeur de 50cm à 1 mètre là où s'écoulait l'eau. Nous marchons dans les bois sur les pierres recouvertes de mousse, certaines bougent sous nos pas d'autres sont cassées ou sont tombées dans le conduit d'eau. C'est un ouvrage incroyable, long de 6822m qui se confond avec la nature environnante. Il a été  construit entre 1670 et 1676 pour amener l'eau au château de Castries et des travaux de rénovation sont en cours depuis plusieurs années. Il est déjà tard. Nous ne pourrons pas parcourir les 4 Kms restant pour atteindre la source d'où provenait l'eau. Nous reviendrons, et nous irons jusqu'au bout cette fois, ma fille en a très envie et moi aussi. Nous nous asseyons par terre au milieu d'un chemin pour faire une pause et boire un peu. La vue, la lumière et les couleurs d'automne sont magnifiques. Au loin les arches blanches et lumineuses de l'aqueduc couronnent les bois. Le village est sur la gauche avec à son sommet le château. Je devine au loin les étangs et encore plus loin la méditerranée. Les enfants sont silencieuses, c'est un moment de calme, de paix et de quiétude exceptionnel.  

samedi, 10 novembre 2007

La nuit.

(Quotidien Novembre 2007) Je me lève. Je n'arrive pas à dormir. J'allume la télé sans le son. Je vais sur Internet et n'arrive pas à lire les blogs. J'ai envie de rien. Je reste assis et j'attends. Je vis depuis toujours  avec ça en moi. Les premiers souvenirs de ces moments remontent à mes 15 ans, maintenant j'en ai 48. L'habitude, l'expérience, la thérapie m'ont permis de comprendre et de vivre avec, jour après jour. Cela va passer. Il faut attendre, travailler, rire avec les autres, manger, rester debout, continuer les gestes du quotidien. La maison est endormie. Il pleut. Je pense à mon père. Il y a peu de temps en parlant avec ma mère et en me souvenant de son comportement à la maison j'ai compris que mon père était aussi comme çà. Je comprends mieux cette façon qu'il avait d'être là sans vraiment être là. Je comprends mieux aussi les longues heures qu'il passait debout la nuit dans la cuisine ou dans les toilettes à fumer dans le noir. J'allais parfois l'observer et je me recouchais en silence avant de me rendormir.

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