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lundi, 29 octobre 2007

Duval est un con!

(Mémoire 1972 ) Maman travaillait dans mon collège comme femme de ménage. Je la croisais souvent dans les couloirs. Je ne devais pas aller lui parler à cause de l'intendante sa patronne qui n'aimait pas la voir ne rien faire pendant son travail. Elle était debout habillé de sa blouse bleue à rayures blanches avec son balai dans les mains en haut d'un escalier ou à la porte d'une classe. Je lui faisais quand je passais prés d'elle un petit signe de la main ou un clin d'œil complice. Elle parlait souvent avec les profs. Elle savait tout ce que je faisais en classe et n'avait pas besoin d'aller aux réunions parents profs en fin de trimestre comme les autres parents. Je n’aimais pas la voir laver les carreaux du quatrième étage car j'avais toujours peur qu’elle ne tombe. De temps en temps je venais avec elle pendant les vacances quand elle ne voulait pas me laisser à la maison. Elle me laissait seul dans une classe le temps de son travail. Je lisais, je faisais mes devoirs ou je jouais au professeur en écrivant au tableau devant des élèves imaginaires que je punissais souvent. Je m'ennuyais et trouvais le temps long.

Un jour elle m'a laissé dans la classe de monsieur Duval le prof de musique. Il était l'un des seuls profs à avoir sa classe. Il préparait ses leçons sur son tableau puis refermait le tableau pour l'ouvrir au moment ou les élèves entraient en classe. Je détestais ce prof, ses dictées de notes, l'histoire de la musique qu'il nous lisait à la fin des cours et surtout son haleine puante et son ventre énorme. Il dirigeait la fanfare municipale. Il trouvais que Brassens n'était pas un vrai musicien, ne connaissais pas les Beatles et nous obligeait à écouter des musiques militaires idiotes. Un jour j'ai écris en plein milieu d'une leçon sur son tableau pour que tous le monde le voit  bien "Duval est un con". Quelques jours plus tard maman m'a dit qu'elle avait eu des problémes avec Duval et l'intendante. J'ai menti quand elle m'a demandé si c'était moi qui avait écris cela et je ne suis plus jamais retourné au collège pendant mes vacances scolaires.

samedi, 27 octobre 2007

C'est déjà ça.

(Quotidien 25 Octobre 2007) J'ai pris rendez-vous avec l'assistante sociale de mon village. C'est une jeune fille qui me reçoit, remplaçante de la personne que j'avais déjà rencontrée il y a plus d'un an. Elle me fait asseoir dans son bureau et sur sa demande "je commence". J'explique les revenus actuels et les démarches professionnelles engagées pour augmenter ces revenus. Je montre les factures en attentes, téléphone, EDF. Je parle des impôts locaux qui m'envoie un avis avec des erreurs, des allocations familiales qui me réclament un trop perçus sur 4 mois auquel je ne comprends rien, du loyer qui a augmenté sans raison et de ma recherche de logement social qui n'aboutit pas malgré mes demandes et mes appels répétés depuis des mois. Elle note sur son cahier à spirales les informations que je lui donne. Je demande simplement une aide financière ponctuelle pour passer un moment difficile. Il est évident qu'elle n'a rien de concret à me proposer. Elle trouve ma démarche justifiée et constate notre détermination mais elle est désolée. Les recours que j'ai engagés sont les seules démarches possibles. Ils devraient donner des résultats. Il faut être patient. Je dois continuer. Nous n'avons pas de dettes importantes, pas d'huissier à notre porte ni de mise en demeure ou de lettres de recouvrement en attentes et aucun loyer impayée. Elle me dit clairement que la situation n'est pas suffisamment critique pour rentrer dans le cadre d'une aide précise et qu'il y a des gens dans des situations bien plus difficiles, ce que je veux bien croire.

-"Ok je vais arrêter de payer mon loyer et mes factures et peut être que j'obtiendrai quelque chose alors".

-"Oh non surtout pas Monsieur".

Je me dis que je n'aurai pas du demander ce rendez-vous et m'infliger cette humiliation. J'ai été naïf. Elle me confirme son intention de me donner une réponse précise sur ce courrier des allocations logement et sur le calcul des impots locaux. C'est déjà ça. Elle me donne un dépliant avec l'adresse d'une association pour nous aider dans notre recherche de logement social. Je regarde le dépliant. Je connais cette association nous avons déjà eu recours à eux.
L'entretien se termine, elle se lève et me raccompagne vers la sortie. Je lui serre la main et la remercie. Je travail dans une heure, je n'ai pas de temps à perdre pour attraper mon bus. Il fait beau. Dans le bus je pense aux enfants et à ma femme et à tous ces moments que nous avons vécus ensemble et les difficultés que nous avons toujours surmontées. Je me dis aussi que nos familles ont toujours su être présentes. Je reprends confiance peu à peu pendant que le bus termine son trajet et arrivé à mon travail j'en suis certain nous réussirons. 

jeudi, 25 octobre 2007

Retour en bus.

(Quotidien Octobre2006) La joue collée contre la vitre embuée du bus,  je pense à mon père. Encore. Je ne sais pas pourquoi il est toujours là, dans ma tête prêt à surgir au moment où je m'y attends le moins. Je regarde mon reflet dans la vitre. Je règle le son de mon MP3. J'ai dans les oreilles une chanson de Miossec.  Je lui ressemble de plus en plus. Le front, les yeux, le corps. Ma femme me le dit souvent. Il y a aussi les attitudes, les gestes et les expressions. J'ai des souvenirs de lui dans mon enfance mais ils sont si peu nombreux. J'ai surtout la mémoire de l'indifférence et de l'ignorance au moment où j'en avais absolument besoin. Je ne demandais pas grand-chose putain. C'est douloureux, très douloureux encore aujourd'hui. Le bus remonte l'avenue de la mer, nous serons bientôt arrivés. Le ciel est noir. Maman hier au téléphone m'a encore dit que j'avais la même voix que lui. Je n'aime pas quand elle parle de lui, ce n'est pas l'homme que j'ai connu. Ils annoncent encore une alerte orange pour ce soir. Il faudra couper Internet et le téléphone. Je pense à mes filles. Quel père je suis? Et puis merde à quoi cela serre t-il de remuer cette chose si profonde.

lundi, 22 octobre 2007

Aller retour en famille.

(Mémoire Mai 1978 extrait Carnet Avril 2001). Je suis seul dans le compartiment du train. La tête contre la vitre je somnole. Je vais chez ma sœur et chez les parents en fin de journée. Les images défilent comme un film dans ma tête, mon départ de la maison et mon  installation à Paris il y a eux mois déjà. Le train ralentit, j’arrive à Reims. Je me lève et prends mes affaires. Je descends. Il fait mauvais. Je rejoins à pied la station de bus. C'est une petite ville, je regarde les rues, les voitures, les gens et je me dis que pour rien au monde je ne voudrais vivre ici. Ma sœur habite dans un quartier en banlieue. Le bus me dépose juste au pied de son immeuble. Elle habite tout en haut. Je prends l'ascenseur. C'est elle qui m'ouvre. Elle est contente de me voir. Je suis étonné de sa joie. Elle semble épuisée. Elle a le même regard que ma mère avec ce coté autoritaire et dur. Je remarque aussi des expressions et une démarche identiques. L'appartement est petit. Je pense à la maison de mes parents. Les meubles, les fauteuils, la télévision, le bureau tout est en place. Ils se sont achetés une super chaîne stéréo. Elle me montre son bébé. Il dort dans un couffin près du bureau. Je le regarde. Je ne ressens rien. Je n'arrive pas à être content. Il fait partie de ma famille. Il ressemble à un bébé. Il est comme moi au même âge, les yeux, les cheveux. C'est maman qui le dit. Il bouge un peu. Il tourne la tête et fait semblant de téter. Il lève les bras au dessus de sa tête. Il ferme les poings comme s'il tenait une pièce dans chaque main. Je croise le regard émerveillé de ma sœur. Je lui souris. Je comprends à quel point sa vie est là. Nous mangeons dans la cuisine. Elle me montre l'appartement, les papiers peints, les meubles. Elle m’explique tout ce qu’elle a l’intention de faire. Elle me parle de son travail et de son mari. Ils ont prévu d'acheter une maison. Elle m'explique comment fonctionnent les prêts des banques. Je devrais commencer dès maintenant si je veux quelque chose un jour. Elle me raconte son accouchement et toutes ses souffrances. Elle ne me parle pas de l'école ni de Paris. Je ne lui dis rien de ce que je fais. Elle me propose d'être le parrain de son fils. Je ne sais pas ce que cela veut dire mais je suis d'accord. Je m'installe au fond d'un fauteuil. Je branche la chaîne stéréo et écoute un disque le casque sur les oreilles. C'est génial. Je garde le bébé pendant qu'elle fait les courses. Je le prends dans mes bras. Il sourit. Je regarde les albums photo rangés dans un meuble. Le mariage prend trois albums. Je me souviens à peine de ce jour. Au moment de partir elle me dit que je peux compter sur eux si j'ai besoin et elle me glisse deux billets de cent francs dans la main. Je la remercie. Elle me donne un baiser. J’embrasse mon neveu sur la main. Je reprends le train vers les parents. Avant d’arriver à R…, juste après le tunnel je regarde les bois où j'allais jouer. Depuis la gare, le chemin est long jusqu'à la maison. J'hésite. Je prends mon temps. Je rentre dans une librairie que je connaissais bien. Les employés ont changé. Je m'arrête dans un café. La salle est presque vide. Quelques habitués. Cela sent l'ennui et le temps qui passe doucement. Pour rien au monde je ne voudrais revivre dans cette ville. C'est petit et sinistre. Je finis mon café et je continue mon chemin vers la maison. Ils sont à table. Papa me serre la main. Maman m'embrasse. Elle prend mon sac de linge et l’emporte dans la salle de bain. Je m'installe avec eux, maman me sert à manger. Ils sont contents de me voir. Je ne parle pas. Maman me donne des nouvelles de toute la famille, les tantes, les oncles, les cousins. Nous regardons la télé. Papa parle au téléviseur. Il se fâche face à la connerie des joueurs. Il rouspète pendant les pubs et  Maman s'endort les bras croisés sur le ventre. Le soir je me mettais sur ces genoux pour regarder le film. Elle disait qu’a 20 ans je serais encore sur ces genoux et je n'ai pas encore 20 ans. Il y a longtemps. Le film est fini. Je n'en peux plus. Papa va se coucher. Il prépare ses affaires pour demain matin ou pour cette nuit quand il va se lever pour pisser. Le bol de café, le sucre, le lait puis il se couche sans un mot. J'aide maman à débarrasser la table. Nous faisons la vaisselle. Elle me parle de ma sœur et de son bébé. Je fais des efforts pour parler. Maman raconte ses accouchements et des histoires que je connais par cœur. Je l'écoute. Je fais attention. Je ris un peu. Je lui demande de continuer. Je pose des questions sur mon frère. Elle ne répond pas. Elle ne sait rien. Il est très secret et elle ne le voit pas souvent. Je me couche. Ma chambre n'a toujours pas changé. Je me dis qu'ils pensent que je vais revenir. Je n'arrive pas à dormir. Je retrouve les bruits de la maison la nuit. Le souffle du chauffage qui me réveillait souvent. Les ronflements de papa, l'horloge de la salle à manger que maman n'a jamais voulu arrêter. Le volet qui bouge au moindre coup de vent. La porte des chiottes qui grince quand papa se lève pour fumer. La lumière des réverbères qui traverse les volets et vient se poser juste au milieu du lit. Il faut dormir, j'ai  envie de partir.

dimanche, 21 octobre 2007

Maupassant, Sting, Ibiza...

                                     (Quotidien Octobre 2007)288a9b6a0c281e74ac5fd98ef3c6c2d7.jpg Le froid revient doucement mais sûrement. Le soleil du sud ne suffit pas à réchauffer la maison toujours aussi humide dés qu'il fait un peu froid. Nous reprenons progressivement nos habitudes d'hiver. Le chauffage au gaz dans la salle, les pulls en couches successives, les couettes et les draps en flanelle. Il est encore trop tôt pour les bouillottes dans les lits, mais elles sont prêtes. Ma femme travail ses cours sur la table de la salle, elle me demande conseil pour les maths. Ma fille joue avec le chien en le faisant courir et aboyer dans les escaliers. Je déteste ça. Je prépare le repas en écoutant  en boucle une musique découverte il y a peu ICI. Je suis content de mes progrès en cuisine. J'ai mis de coté la facture d'électricité et des impôts locaux en attendant la paye de Octobre augmentée d'heures supplémentaires. Il faut que j'appel ma mère, elle doit être revenu de son voyage à Ibiza. Je pense aux nouvelles de Maupassant que je lis depuis plusieurs semaines. J'adore son écriture, son humour et cette capacité à décrire en 3 pages, des lieux, des personnages, un univers, une vie. J'aime beaucoup aussi quand j'arrive à la fin d'une nouvelle lire une date du genre "20 Mars 1886". Il faut que je trouve une biographie. J'ai dans la tête cette petite phrase simple et limpide "Le soleil de midi tombe en large pluie sur les champs. Ils s'étendent, onduleux, entre les bouquets d'arbre des fermes, et les récoltes diverses, les seigles mûrs et les blés jaunissants, les avoines d'un vert clair... C'est prêt, je vais mettre la table et nous allons manger.

jeudi, 18 octobre 2007

Raccourcis.

Je me rase dans la salle de bain et ma fille est assise sur le rebord de la baignoire. Nous parlons de sa journée sans lycée à cause de la grève des bus. Je fais couler l'eau chaude dans le lavabo mouille un gant de toilette et humidifie mon visage. C'est agréable. Je secoue la bombe de mousse à raser et l'étale onctueuse et odorante sur mes joues. Nous ne parlons plus elle me regarde et suit mes gestes un par un. Je lui souris par miroir interposé. Je trempe le rasoir dans l'eau chaude et me rase découvrant ma peau sous la mousse blanche. Je me rince le visage et applique en tapant sur mes joues un après rasage qui me pique et me fait du bien en même temps. La vie nous fait de drôle de raccourcis dans le temps. (Quotidien Octobre) 

mardi, 16 octobre 2007

Repas de fête.

181b58f6a4fd44537b27a61397f7c8d6.jpgLe visage penché sur la glace suspendu à l'espagnolette de la fenêtre de la cuisine papa se rase calmement. De temps en temps il rince son rasoir dans l'évier rempli d'eau chaude. Il n'aime pas se raser dans la salle de bain, il préfère laisser la place à maman et nous surtout un jour comme aujourd'hui. Ma sœur assise en peignoir sur le canapé attend que maman ait fini de repasser sa robe. Mon frère attache les boutons de manchettes en or de sa communion aux manches de sa chemise blanche en tirant la langue. Il est furieux, il a très mal aux pieds dans ses chaussures neuves. 10 heures et nous ne sommes pas prêts. Maman est habillée, maquillée et parfumée. Elle est furieuse, nous allons rater la messe. Elle déteste rentrer dans l'église quand les gens sont déjà assis, une fois nous avons du attendre dehors que la messe finisse. Nous allons chez la tante Mauricette la sœur de ma mère. Elle invite comme tous les ans ses 14 frères et sœurs pour la fête du village. Cela fait du monde. Des oncles, des tantes, des cousins, des cousines, des nièces, des neveux et des gens que je ne connais pas. Le plus important dans la fête, c'est la messe et le repas. C'est pour ça que maman ne veut pas manquer la messe. Après la messe il y a "l'apéro" au café du village où seul les hommes irons, car les femmes doivent rentrer pour préparer le repas dans la salle à manger. J'aime bien, la nappe blanche sur la longue table parsemée de petites fleurs en tissus, les assiettes colorées les unes dans les autres, les couverts bien rangés de chaque coté des assiettes et les verres brillants de toutes les tailles. Les serviettes blanches comme la nappe serons pliées en accordéon pour faire joli. Maman gardera le menu avec son nom en souvenir. Elle le rangera avec les menus des baptêmes, communions, mariages, noëls et fêtes des années passées dans la boite en fer du buffet. Je serai à la table des enfants dans la cuisine avec les cousins, les cousines, les bébés et la grand-mère Jeanne qui n'aime pas rester assise longtemps et voudra rentrer tôt. Le dessert terminé je demanderai de l'argent aux parents pour les manéges et filerai vite sur la place du village. J'adore les autos tamponneuses. Je suis un champion pour tirer à la carabine et gagner des peluches et des bonbons. Je vais encore monter dans les balançoires pour faire voler la jupe de ma cousine Irène et la faire crier en allant toujours plus haut. Je suis le meilleur pour courir parmi les danseurs et me cacher sous l'orchestre installé sur un chariot. Il faudra aussi que j'invite une fille que je ne connais pas à danser un slow. Les parents n'iront même pas au bal, préférant rester à table, à parler, boire ou jouer aux cartes. Il y aura comme toujours un oncle ou un cousin endormi dans le canapé, sur un coin de table ou sur le lit avec les manteaux et les vestes mélangées de tous les invités. Papa se frotte les joues pour vérifier qu'il est bien rasé et met de la lotion après rasage en se tapant sur les joues. Il verse quelques gouttes de brillantine dans la paume de sa main et lisse ses cheveux. Je regarde ses cheveux briller et respire toutes ces odeurs agréables. C'est certain me dit-il nous n'irons pas à la messe et nous rions ensemble. (Mémoire 1970)

dimanche, 14 octobre 2007

Un geste.

Je suis chez ma mère avec les enfants et ma femme. Les enfants jouent en bas avec mes vieux patins à roulettes. Ma femme fait la sieste dans ma chambre. Ma mère parle de mon père. Nous sommes assis sur le canapé du salon l'un à coté de l'autre face à la télé allumée que nous ne regardons pas. Elle se souvient de papa et me parle de lui. C'est tellement rare. Je ne reconnais pas mon père. Il est devenu parfait dans ces mots. Les photos de lui sont partout dans la salle à manger. Sur la télé pendant le voyage en Italie assis sur le bord d'une fontaine célébre. Sur la cheminée, à la pêche il y a une quinzaine d'années. Sur le buffet au mariage de ma soeur en 1976. Il y en a aussi dans la cuisine et les chambres. Je vois les yeux de ma mère se remplir de larmes et sa bouche trembler. Elle pleure doucement en retenue. Je suis à coté d'elle, j'ai envie de faire un geste, prendre sa main ou la prendre dans mes bras. J'ai envie de faire quelque chose pour l'aider. Je ne le fais pas. Les enfants montent l'escalier en courant, la petite pleure. Elle monte sur le canapé et je la console en regardant son genou écorché. Maman se lève et va dans la salle de bain. Aujourd'hui encore je pense à ce geste inachevé.(Mémoire 1993)

mercredi, 10 octobre 2007

Inondation.

da784a7501d2b88c537346ae9c87a946.jpgUne femme se protége du vent et des embruns en se cachant derrière son compagnon. Les mouettes planent et reculent face au vent, renoncent à lutter et dans un mouvement circulaire et ample glissent vers les terres. Les vagues frappent les rochers et font trembler la digue où nous nous promenons. Nous sommes fatigués l'orage hier soir a été violent et long. Je me suis réveillé dans la nuit. J'ai fais le tour de la maison pour vérifier les fenêtres et les portes. Le chat est entré trempé dés qu'il m'a vu. J'ai débranché les appareils électriques, le téléphone, l'antenne de la télé et la Free Box. J'ai vérifié que l'eau s'écoulait bien vers la rue. Seule la véranda était inondée. Je suis remonté me coucher et je n'ai pas réussis à m'endormir. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la fois où nous nous sommes retrouvés tous les quatres encerclés par les eaux dans la voiture en revenant de Montpellier. Je me revoyais les jambes dans l'eau tumultueuse et glacée poussant la voiture sur le terre-plein central du carrefour pour nous protéger. Nous avons été fort heureusement secourus par les pompiers. Il était impossible de rentrer à la maison et nous avons du dormir à l'hôtel. Le lendemain matin sur le chemin du retour des dizaines de voitures étaient dans les fossés ou les champs. Le village était en partie bloqué par l'eau. Des maisons étaient inondées, des gens avaient été évacués en urgence. Hier soir c'était moins violent et surtout nous étions tous à la maison et ne risquions rien. La télé diffuse depuis ce matin les images des inondations et nos familles inquiètent  nous ont appelé pour prendre des nouvelles. Je te prends par les épaules et nous traversons la plage de Carnon. Le vent est de plus en plus fort, de gros nuages sombres couvrent la mer, nous allons vite rentrer avant que cela ne recommence. (Quotidien Septembre 2007)

dimanche, 07 octobre 2007

Sauvé

Un jour dans un moment de folie et de dépression extrême j'ai volé une voiture. J'ai gardé la voiture deux jours. Je rentrais le soir à la maison et la reprenait au matin quand tu étais parti au travail. Je roulais pendant des heures sans but à toute vitesse espérant l'accident au prochain virage, inconscient du danger que je représentais pour les autres. La radio passait sans arrête la chanson de Micheal Jackson "We are the world". Je me suis arrêté dans une armurerie et j'ai acheté facilement un petit pistolet à grenaille. Je me suis fais prescrire des somnifères chez mon médecin. J'ai acheté de l'alcool dans un hypermarché. Je reproduisais sans le savoir le suicide échoué quelques années plus tôt. Le matin du deuxième jours alors que je venais récupérer la voiture les flics m'ont attrapé et menotté  après une courte poursuite sur les pelouses des immeubles autour de chez moi. Ils m'ont transporté au poste de police, les menottes me faisaient mal aux poignets. Dans la voiture ils plaisantaient content de m'avoir attrapé et répondaient aux appels. Un jeune policier m'a interrogé. Il tapait lentement à la machine avec seulement deux doigts. Les questions étaient précisent et directe. Pourquoi j'ai volé cette voiture? Où je voulais aller? Et le propritaire? Je ne savais pas quoi répondre et il en profitait pour me faire peur et me menacer de prison ou d'une amende. Après des heures d'interrogatoire ils ont compris que je n'étais qu'un gars malade, perdu, désespéré et dangereux surtout pour lui-même. J'ai signé ma déposition en pleurant et l'un d'eux est venu vers moi  pour me consoler et me rassurer. J'ai été enfermé dans une cellule puante et me suis endormis alors qu'il commençait à faire nuit. La voiture était intacte, juste un peu sale avec quelques kilomètres de plus. Je n'avais pas été violent avec le propriétaire bien qu'il ait eu très peur. Les policiers l'ont convaincu de lever sa plainte lui demandant de ne plus prendre de jeunes garçons en stop. Les flics  ne pouvaient pas me laisser partir seul et sont allés chercher ma femme. Elle est entrée dans le poste de police, folle d'inquiétude, pensant que depuis le matin j'étais peut être mort quelque part. Sans elle je ne serais jamais rentré à la maison et je ne peux que remercier ces hommes qui en faisant leur métier m'ont sauvé. (Mémoire1985)

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