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vendredi, 28 septembre 2007

Dans la rue.

Je vais acheter en livre pour ma fille à Montpellier, après avoir traversé la place de la place de la Comédie je contourne le Mc Do et remonte la rue de la Loge vers le Virgin. La foule avance dans tous les sens, c'est la fin de l'été, il fait extrêmement chaud et je m'essouffle vite. Je remarque deux adolescents appuyés contre un mur s'embrassant longuement à pleine bouche. Il la serre tendrement dans ses bras et elle caresse tout aussi tendrement sa nuque et son crâne rasé. J'ai immédiatement en moi la sensation d'un baiser similaire et de l'excitation qu'il provoqua en moi, dans une autre rue et une autre époque où nous n'osions pas encore aller plus loin. Je les regarde et me dis qu'il n'y a que les ados pour s'embrasser comme ça dans la rue en oubliant le reste du monde et je remarque que je ne suis pas le seul à les regarder et peut être à me souvenir aussi. (Quotidien Septembre 2007)

mercredi, 26 septembre 2007

Fond d'écran.

Je laisse toujours mon portable sur le bureau à coté de l'ordinateur et souvent sans que je le vois ma fille le prend et  fait une photo. C'est le matin dans le bus ou plus tard dans la matinée que je découvre en fond d'écran l'image qu'elle a choisi pour ma journée. Le chien dormant sur le fauteuil. Le chat s'étirant sur une chaise. Elle-même tenant le portable à bout de bras et souriant. Un livre choisi dans ma bibliothèque. Une photo d'elle et sa mère enlacées. Une fleur choisie dans la cour. Une image de sa main avec une bague. J'aime beaucoup ces petits messages qui me disent je t'aime et pense à moi.(Quotidien Septembre 2007)

mardi, 25 septembre 2007

L'écharpe.

Mon écharpe fait 4 fois le tour de mon cou et descend jusqu'à mes genoux. Elle est bleue avec des points de couleurs multicolores. C'est ma sœur qui l'a faite. Mon jean est troué aux genoux et j'ai les cheveux longs et sales. Je ressemble aux autres élèves qui sont autour de moi. Il est onze heures moins dix. Nous attendons la sonnerie pour le cours de Maths. J'aimerai tellement que le prof soit absent. Je n'ai pas envie d'y aller. Je n'ai pas révisé mon cours ni fait les exercices. Hier je me suis couché à une heure du matin. J'ai lu et écrit comme d'habitude. Je suis nase. Je regarde les autres. Je fumerai bien quelque chose. Laurent est absent depuis une semaine, il est encore malade. Laurent c'est mon ami. Je suis seul quand il n'est pas là. Il me manque. Marie ne m'adresse plus la parole. J'ai fait le con Samedi dernier à la boum. Je n'aurais pas du insister comme cela. J'avais tellement envie d'elle. Quand elle m'a emmené dans la chambre j'ai cru que nous allions le faire. J'ai eu tort. Elle n'était pas prête, pourtant elle m'a dit qu'elle prenait la pilule. Elle me fait la gueule. Je n'y comprends rien. Je la trouve toujours aussi belle. J'ai envie de me barrer de tout ce bordel. Les parents ne comprennent vraiment rien.(Mémoire 1977)

samedi, 22 septembre 2007

Leonard Cohen encore.

Depuis quelques jours je prends le bus le matin. J'ai retrouvé le vieux MP3 de ma fille laissé dans sa chambre car remplacé à noël par un modèle plus performant, plus beau et fiable. Un peu endommagé, je le répare avec un morceau de scotch pour empêcher la pile de bouger. Les écouteurs dans les oreilles dès que je sors de la maison, je marche vers mon arrêt, monte dans le bus et m'assois prêt de la fenêtre derrière le chauffeur. Je regarde les voitures, les élèves en vélos ou à pieds allant à l'école et me réveille doucement. Dans le bus chacun trouve une occupation et les 15 mn de route ponctuées par les arrêts, la montée ou la descente de passagers passent vite. Arrivé au terminus station "Odysséum" il me reste 4 à 10 minutes de marche en musique vers mon entreprise. Je marche rapidement croisant les gens sans vraiment les voir la têtedans la musique. Ce n'est qu' une fois devant la machine à café que j'enlève les écouteurs et me sépare de Leonard Cohen. (Quotidien 21 Septembre 2007)   

jeudi, 20 septembre 2007

Tout est prêt.

Tu ne quittes pas la salopette bleue dans laquelle tu te sens si bien ni le pull noir qui progressivement prend la forme de ton ventre. Je fais des photos de toi, dans le canapé, dans le lit ou chez ma sœur quand tu marches dans le jardin la tête pensive et baissée. Je te demande de poser dans le salon en contre jour devant la fenêtre pour bien mettre en valeur l'arrondi de ton ventre. Le soir je te masse avec une huile douce et odorante et tu t'endors progressivement. Je reste la main sur toi quand nous regardons la télé à attendre qu'il bouge et il ne bouge pas. Je pose une oreille pour écouter et je n'entends rien. Nous dormons sur le coté serré l'un derrière l'autre. Nous faisons l'amour de temps en temps et j'adore caresser tes seins. La nuit tu te lèves avec difficulté du lit trop bas pour aller aux toilettes ou pour boire un peu d'eau. Nous avons acheté dans une brocante un joli lit en rotin avec des roues et un support pour suspendre un voile. Tu as posé une petite grenouillère rose et blanche sur ton ventre pour l'essayer dans le magasin. Les habits, les chaussons minuscules, les bonnets, les petites chaussettes, les bavoirs, les draps sont bien pliés dans les tiroirs de la commode blanche achetée chez Fly. Nous avons choisi une jolie petite lampe de chevet qui colore la chambre de couleurs pastelles. Ta mère a tricoté une quantité incroyable de layettes, pulls, gilets et brassières. La chambre est petite avec un vieux parquet qui craque quand on marche. Elle est située juste à coté de notre chambre et sera prête pour la naissance. L'accouchement est prévu dans une semaine et une valise avec tout ce qu'il faut est prête en permanence à coté de la porte. (Mémoire Juin 1987)

mardi, 18 septembre 2007

J'ai bien fait de venir.

Un autre gars partage ma chambre depuis ce matin. C'est le troisième en 15 jours. Ils restent une nuit parfois deux et je ne les revois pas. Il est là pour un pontage. Il va régulièrement dans les chiottes pour fumer la dernière avant l'opération prévue demain. Les infirmières vont être furieuses quand elles vont sentir l'odeur de fumée dans la chambre. J'ai trouvé une position pour dormir et j'ai moins mal maintenant. Je peu me lever et marcher dans ma chambre ou le couloir. Je vais boire des cafés dans le hall d'entrée de temps en temps. J'ai montré les agrafes de la cicatrice sur mon torse à ma fille. Elle a juste regardé le début après cela lui faisait peur. J'ai crié quand l'infirmière a enlevé les drains. Ma femme et les filles viennent me voir souvent et cela me fait du bien de les voir et de rire avec elles. Je n'arrive pas à lire ni à écrire. Je regarde peu la télé. Je ne me soucis plus de l'argent et du  travail qu'il me faudra  trouver rapidement dés ma sortie. Je regarde beaucoup dehors par la fenêtre, tout me parait étrange et lointain. J'ai l'impression d'être dans une bulle en dehors du temps. Je dois m'occuper de moi de mon corps et de ma tête. J'ai beaucoup maigri je le vois bien à mes jambes, à mes bras et sur mon visage, c'est normal me dit l'infirmière "Vous faites de l'os". J'ai des appels de temps en temps de la famille. Ils s'inquiètent beaucoup. C'est difficile pour eux d'être loin. Les appels me font du bien, nous arrivons à rire et plaisanter de mes tracas quotidiens, de mon amnésie passagère après l'opération ou du bruit de la valve. Ma mère a pensé venir mais je ne veux pas, c'est inutile. Je préfère la savoir chez elle et lui parler le soir,  même si je dois répéter toujours les mêmes choses. Mon frère et le seul à ne pas m'appeler et cela me fait de la peine. J'ai reçu de ma belle-sœur un livre pour mon  anniversaire. Il n'y a qu'elle pour faire ça. Envoyer un cadeau à l'hôpital. Les aides soignantes étaient là pour me regarder le déballer. Il m'a fait du bien au cœur ce cadeau. Ce matin ma fille a traversé la ville en tram pour venir me voir. Elle voulait me dire quelque chose et ne l'a pas dit, mais j'ai deviné quand je l'ai prise dans mes bras. J'ai bien fait de venir.(Mémoire 0ctobre 2003)

samedi, 15 septembre 2007

Dans la bibliothéque.

cc4c49d7d2360bb52a7318abf09bab0b.jpgJe les ai trouvé un jour par hasard dans la bibliothèque, derrière les livres sur la résistance. La couverture était bleue avec dans un médaillon au centre une image de femme nue. Il y en avait une dizaine. Je me souviens encore des titres, "L'esclave d'amour", "La vierge soumise", "Ma femme est une vicieuse". Je me souviens des mots, des phrases. "Elle hoquetait de plaisir pendant qu'il la pénétrait violemment" "Il introduisit son sexe dressé dans sa fente humide". " Elle prit sa verge dure comme du bois dans sa main et le masturba". De temps en temps je trouvais un magazine avec des images. J'aimais bien quand les femmes avaient de gros seins, elles n'avaient  pas de poils et et le sexe des hommes restait toujours caché. Un jour j'ai emmené une revue à l'école et nous l'avons regardé dans les chiottes en riant pendant la récréation. Il y avait aussi une petite revue avec des conseils pour le couple, des dessins qui expliquaient les positions, des photos et des articles sur la contraception, la masturbation, la fellation, le baiser ou le clitoris. J'aimais beaucoup le courrier des lecteurs et les réponses des psychologues et des médecins. Je lisais et regardais tout cela le jeudi quand j'étais seul à la maison, ou la nuit quand tout le monde dormait avec toujours la peur d'être surpris. (Mémoire 1973)

vendredi, 14 septembre 2007

Lycéenne.

Ta tête à l'abandon sur mon épaule nous regardons la télé assis dans le canapé. Tu changes les chaînes sans arrêt et stoppe sans raison sur des pubs bruyantes. Le chien dort entre nous deux, le chat est sur mes genoux ce qui est exceptionnel. La semaine est terminée. Une première semaine de lycée pour toi. Le lycée est sympa malgré une apparence extérieure froide et métallique. La cour est grande et agréable avec de grands cyprès et des bancs un peu partout. Tu as encore du mal à trouver les salles, et te souvenir des noms des profs mais cela viendra. La prof d'histoire te donne envie de dormir dés qu'elle ouvre la bouche, nous en plaisantons le soir au repas. Le premier cours de mesures physiques était passionnant. Tu vas pouvoir manipuler, tester, faire des expériences depuis le temps que tu en rêvais. Tu retrouves Marie et Katia, tes copines de la classe de troisième. Vous pourrez prendre le bus, manger et travailler ensemble. Nous avons trouvé des cours de soutien en maths à un prix abordable. Le mercredi après midi parfois et le samedi seront consacrés au cheval ta passion. Tu vas bien, et ta vie s'organise comme tu sembles le souhaiter et cela te rassure c'est évident. Ma femme rentre en formation pour neuf mois, après ses nombreuses recherches une opportunité se présente enfin. Elle sera moins présente à la maison, il faudra nous adapter. Ma fille étudiante à Nîmes est pressée d'aborder sa deuxième année de Beaux Arts dans son appartement comme elle aime à me le répéter au téléphone. Une nouvelle année commence avec ses craintes, ses joies et ses espoirs. Le chien des voisins aboie le chien se lève brusquement et court aboyer dans la cour à son tour. Tu relèves la tête et quitte le fauteuil où nous étions si bien ma fille. (Quotidien le 12 Septembre 2007)

mardi, 11 septembre 2007

Le cahier de chansons.

Les parents travaillent toute la journée, je suis tranquille à la maison. Il pleut beaucoup et je reste dans ma chambre cela ne me dérange pas au contraire. J'aime être seul. J'écoute en boucle, à fond  les Beatles sur mon tourne disque rouge acheté avec l'argent des patates. Je lis les paroles en anglais sur la pochette du disque. Je commence à connaître les chansons par cœur. Je ne comprends pas pourquoi la vielle prof d'anglais ne nous donne pas ces chansons là à traduire plutôt que ses textes débiles. Quand j'en ai marre des Beatles je passe à Sheila, Mike Brant ou C Jérôme ou Ferrat chante Aragon,  ma sœur m'a donné le disque. Je fais des  play-back en baissant le son pour le remonter quelques minutes plus tard et voir si je tombe juste avec les paroles. J'ai fais un cahier de chanson. J'en ai 120. Je les écris en écoutant la musique ou je trouve les paroles et les photos dans "Podium" ou "Salut les copains". Je recopie aussi des poèmes de Rimbaud ou de Boris Vian que j'aime bien. J'ai terminé les 3 petits romans de Sagan et je lis un  roman de Barjavel "Les chemin de Katmandou" que j'ai piqué il y a une semaine. J'ai l'affiche du film avec Renaud Verley et Jane Birkin. J'aime les mots, les phrases, les livres et j'écris. Je bois aussi un peu d'alcool mais il ne faut pas en prendre de trop d'un coup sinon maman risque de s'en apercevoir. J'avale les médicaments de papa que je trouve dans l'armoire à pharmacie de la salle de bain et je dors au fond de mon lit. Je suis un adolescent extrêmement solitaire, secret et rêveur qui a peur sans savoir pourquoi et ne va pas bien. (Mémoire 1974). La chanson:Titre original: "Feelings" © Editions Louis Gasté Paroles: Morris Albert fr : Michel Jourdan. Musique: Morris Albert & Louis Gasté 1974

dimanche, 09 septembre 2007

Fin d'été.

1369b874eed7f1d13eeefacf84682772.jpgPour quelques jours la sœur de ma femme et son mari sont venus nous voir. Nous sommes à la plage de Carnon, à la terrasse d'un café. C'est la fin de l'été et les touristes sont déjà moins nombreux. Ma fille fait des bracelets et des colliers en perles colorées, sur la table blanche du café les perles roulent et tombent sur le sol. Un homme en bermuda fait tourner le tourniquet des cartes postales. Il en prend une, la regarde et la replace. Un enfant traverse la terrasse en courant vers les toilettes. Il fait doux, le soleil n'est pas encore trop violent. Nous décidons de marcher un peu. De jeunes hommes sautent, crient et tombent dans le sable en jouant au ballon. Les chaussures à la main nous marchons dans l'eau douce et fraîche après le sable brûlant. Des enfants courent et nous éclaboussent au passage. Je regarde les gens sur le sable. L'espace de chacun est parfaitement délimité par une serviette, un sac ou deux, un parasol ou une glacière. Un homme dort bruyamment la bouche ouverte, son torse et dangereusement rouge. Une femme lit un roman, allongée sur le dos le  bras tendu en l'air. Nous parlons un peu mais pas trop, il faut profiter du moment. Je regarde les voiliers au loin. Le soleil commence déjà à être trop chaud. Nous allons rentrer. (Quotidien le 02 Septembre 2007)

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