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jeudi, 30 août 2007

Esperluette.

5ea71853c72bff45cb0fafdfa0373e96.gifJe suis en pause quelques minutes avant de reprendre le casque et les appels. Je glisse une pièce dans la fente de la machine à café et sélectionne un expresso. Je regarde mon portable tu ne m'a pas laissé de message. Nous avons dix minutes pour trois heures de travail, le temps de boire un café, de lire quelques lignes, d'écrire un peu ou de parler avec Manu quand il est là. Il est en vacances aujourd'hui et nos discussions me manquent autant que nos rires sur nos plaisanteries faciles. Le café à la main je regarde les affiches syndicales, FO,CGT,CFDT, toujours les mêmes demandes sans réponses. Des collègues entrent dans la salle et prennent un café ou un coca et nous échangeons quelques mots banals. Je m'assieds à une table le temps de lire quelques phrases. J'adore faire ça. "Ils m'avait surnommé esperluette, au journal. C'est toute une histoire." Puis une autre "Les draps sont frais, un peu raides. Ils sentent la campagne." et encore une autre "Le grand père aussi il fait du bruit avec ses poils. Lorsqu'il s'épluche la peau du bout des doigts, quelque chose crisse." Il est déjà l'heure quel dommage, vite je ferme le livre, jette mon gobelet dans la poubelle et rejoins mon poste. "Esperluette et compagnie" Jean noël Blanc Editions Joelle Losfeld" (Quotidien 28 Août 2007)  

lundi, 27 août 2007

Gens du pays

Merci pour vos "joyeux anniversaires" vous qui passez par là. Décidément j'adore Internet, les mots et les chansons qui nous relient. J'ai trouvé le chanson dont parle Zoreilles "Gens du pays". Je ne connaissais pas et j'ai beaucoup aimé. Je vous propose de la découvrir aussi.  

dimanche, 26 août 2007

Anniversaire 2.

Nous sommes le 26 Août 2007 c'est donc mon anniversaire.
J'ai 48 ans.

samedi, 25 août 2007

Enterrement.

Je ne comprends pas ce que dit le curé. Je regarde les épaules de mon frère deux rangs plus bas. Il pleure. Ma sœur et avec son maris et ses enfants. Elle baisse la tête et de temps en temps regarde vers moi. Je prends la main de ma femme assise à coté de moi. Je n'ai pas envie que mes enfants me voient pleurer. Les gens se lèvent et nous faisons comme eux. Maman est assise au premier rang face au cercueil de papa.(Mémoire 1998)

mardi, 21 août 2007

Mutation professionnelle.

Papa somnole sur sa chaise au bout de la table. Le repas est terminé, les enfants ont quitté la table depuis longtemps et jouent avec mes Lego. Maman rassemble les assiettes pour la vaisselle. Je reste assis et la regarde. Je leur ai expliqué que mon entreprise me proposait un poste de chef de rayon dans un hypermarché prêt de Montpellier. Nous partons dans 15 jours. Papa n'a rien dit mais Maman n'a pas envie de nous voir partir. Elle estime  que c'est trop loin, 900 km.  Les enfants vont lui manquer. Papa dort la tête penchée sur la gauche, il ronfle un peu et sa cigarette termine de se consumer dans le cendrier. Nous sommes dans la cuisine du sous-sol qu'il a construite. La petite fenêtre au dessus de l'évier est ouverte, elle est presque au niveau de la terre et  donne directement sur les légumes et les fleurs. Les verres et les assiettes s'entrechoquent dans le bac à vaisselle. Je regarde maman la tête penchée en avant et les épaules basses. Je téléphonerai le plus souvent possible. Nous remonterons vous voir les étés ou pendant mes vacances. Vous pourrez venir nous voir souvent et vous aimerez la soleil et la mer. Vous serez bien chez nous. Vous n'avez jamais vu la Méditerranée. J'ai toujours révé d'habiter au bord de la mer et c'est tellement différent de Reims. Elle ne répond pas, continue sa vaisselle et je sais qu'elle est triste malgré mes arguments. (Mémoire Mai 1995)

dimanche, 19 août 2007

Abrivado et bandido.

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De hautes barrières rouges et blanches empêchent de sortir ou de rentrer dans le village et délimitent le parcours de l'abrivado. Le trident dans une main, le regard droit devant, les gardians sur leurs chevaux camarguais, habillés de la tenue traditionnelle conduisent en les entourant fermement 5 taureaux vers les arènes. Les sabots des chevaux et des taureaux martèlent le macadam. Les bêtes dégagent une forte odeur de sueur, de terre et d'excrément. Les gens rassemblés sur le parcours applaudissent et crient à leur passage. Les enfants du village comme le demande la tradition courent derrière les taureaux en essayant de leur attraper la queue et ma fille les trouve vraiment nuls. Dans les arènes le taureau sort du toril. Nous applaudissons son entrée avec le public. Il baisse la tête, souffle et gratte le sable. Les raseteurs pantalon et tee-shirt blanc rentrent en scène à leurs tours et saluent le public. Le spectacle peu commencer. Les raseteurs défient le taureau, crient son nom, courent à sa rencontre, le frôlent et l'évitent de justesse en sautant au dessus des barrières et en s'accrochant aux murs de l'arène. Ils cherchent à attraper la cocarde rouge placée entre les cornes du taureau ou la ficelle placée autour des cornes. Le public applaudit et crie à chaque exploit des jeunes hommes et du taureau. L'animateur avec un fort accent du sud annonce les sommes gagnées et offertes par les entreprises de la ville. C'est une course Camarguaise, un spectacle traditionnel et populaire. Nous craignons pour le taureau bien qu'il ne risque rien. Le spectacle terminé c'est le bandido, les taureaux sont reconduis vers les près.(Quotidien le 18 Août 2007)

samedi, 18 août 2007

Nous n'irons pas.

Nous n'irons pas voir ma mère cet été. Les vacances sont courtes, l'argent manque, ma femme doit continuer ses recherches de travail, la voiture risque de tomber en panne et les enfants préfèrent rester là. Je lui dis au téléphone et elle me répond que ce n'est pas grave, que 900 kilomètres c'est beaucoup et que ce sera pour plus tard, à noël peut être. Je me sens coupable et lâche, là au téléphone car les vraies raisons sont autres. Je n'ai pas envie de supporter les reproches, les petites remarques négatives, ni les phrases déjà dites et entendues des centaines de fois. Je ne veux pas revoir la maison, ma chambre, le sous sol  tel qu'ils étaient quand j'avais 17 ans. Je n'ai pas envie de devoir contenir ces rancœurs jamais exprimées qui m'encombrent, m'épuisent et me dépriment chaque fois que nous nous voyons. Je sais que comme toujours nous resterons l'un a coté de l'autre devant la télé à regarder les photos de papa partout dans la maison et à attendre que le temps passe. Ma femme prépare la table pour le repas, elle me regarde et comprend mon trouble. Au téléphone, ma mère parle de mon frère qui lui aussi ne vient pas souvent la voir, il n'habite pas loin lui, il pourrait faire un effort de temps en temps. Elle regrette que ma sœur soit déjà partie au Maroc et papa lui manque. Je pose des questions sur sa santé. Ses douleurs dans les hanches et les articulations ont-elles disparues? Je lui donne des nouvelles des enfants et elle me fait remarquer qu'elle n'a toujours pas les dernières photos que je lui avais promises. Elle me parle d'un oncle mort dont je ne me souviens plus du tout. Il est temps de manger. J'ai envie de raccrocher. Je lui dit au revoir, je  promet de rappeler bientôt et mesure combien je l'aime et comme rien n'est simple.(Quotidien le 10 Août 2007)

mercredi, 15 août 2007

Câlin.

Nous habitons encore le petit appartement de la rue Lesage à Reims. J'épluche quelques légumes pour le repas de ce soir avec ma fille assise dans son transat posé sur la table. Tu es encore à ton travail à la bibliothèque. Je donne à ma fille une carotte épluchée. Elle la saisit de sa petite main ronde en riant et la porte à sa bouche. Elle la mord et apprécie le petit goût sucré de la carotte puis elle la jette par terre. Je lui donne maintenant un petit morceau de poireau qu'elle porte aussi à sa bouche. Elle fait une grimace comique et crache le morceau de poireau. Je la prends dans mes bras, l'embrasse dans le cou et elle éclate de rire immédiatement. Nous nous approchons de la fenêtre et regardons ensemble un train passer sur la voie de chemin de fer juste derrière la maison. Elle se frotte les yeux, je m'installe dans le canapé, elle se calme, et s'endort doucement les bras en croix sur mon torse bercée par ma respiration. (Mémoire Décembre1987)

dimanche, 12 août 2007

Je déclare la guerre.

Nous sommes dans la rue comme chaque soir de l'été et nous jouons à "je déclare la guerre". Nous avons tracé à la craie sur le macadam un grand cercle que nous avons divisé en 5 parts comme un camembert. Il y a l'Italie, la France, l'Espagne, le Portugal et l'Angleterre. C'est Corinne (L'Italie) qui donne le départ.

–" Jeee déclare laaaaaa guerre à laaaaaaa FFFrance".

Immédiatement nous courrons loin du cercle et stoppons net notre course quand la France (Pascale)  dit stop en sautant sur le rond central. Elle choisi l'un d'entre nous, figé sur place et en plusieurs sauts détermine la surface de terre qu'elle va pouvoir lui prendre. C'est notre jeu préféré, il dure des heures jusqu'à ce que l'un d'entre nous n'ai plus de pays. (Mémoire 1972)

samedi, 11 août 2007

Le rire de papa.

34db4224da2881cbd0cfce10c9f13936.jpgC'est l'été, tous les soirs nous jouons dans la rue. Les voisines installent des pliants sur le trottoir pour discuter, tricoter et nous regarder. La fenêtre de la cuisine de ma maison est grande ouverte pour laisser entrer un peu de fraîcheur. La télé diffuse un film avec Bourvil et De Funès. Depuis la rue, nous entendons la musique, les voix des acteurs et surtout le rire de papa. Il éclate de rire souvent, d'un grand rire sonore, grave, spontané et joyeux qui remplit l'espace, surprend les voisines et interrompt nos jeux.

Papa  adorait Bourvil et faisait pour moi des imitations grossière de lui qui déclanchaient chez moi des fous rire terribles à me faire mal au ventre. Cet acteur et depuis, définitivement lié au souvenir de mon père et de son rire dans notre rue. (Mémoire 1970)

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