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lundi, 30 juillet 2007
Rue de la Paix.
Je rejoins ma femme et les filles dans la rue, j'ai bien fait de prendre les vélos, elles jouent avec leurs cousins à se poursuivre en riant et criant. La voisine est derrière ses rideaux blancs à nous observer comme toujours. Je m'approche de ma femme et nous décidons de marcher un peu. C'est un dimanche en famille où les heures coulent au ralenti après le repas un peu trop long. Ma sœur a commencé une partie de scrabble avec la femme de mon frère et cela va durer jusqu'au moment de partir. Mon frère s'est endormi dans le vieux canapé du salon les bras croisés sur les yeux. Mon beau frère regarde le tour de France avec papa et commente l'étape du jour et les exploits du maillot jaune l'Espagnol Indurain. Le repas était bon mais sensiblement le même qu'il y a 15 jours, et toujours trop copieux et gras. Ce n'est pas grave nous aurons des restes à emporter pour ce soir avec les poireaux, les pommes de terres et les salades du jardin que maman est en train de ramasser et de laver pour nous. Nous marchons l'un à coté de l'autre sans un mot et déscendons doucement la rue où j'ai grandi et joué tant de fois. Nous longeons le trottoir où nous construisions des tentes faites de vielles couvertures accrochées au grillage avec des pinces à linge. Le macadam noir me fait penser aux jeux que nous déssinions à la craie blanche en nous abîmant la peau des doigts. Le grand rond découpé en fromage pour jouer à "je déclare la guerre". Le petit rond pour le jeu "du béret". Le grand rectangle de la prison des voleurs pour "les gendarmes et le voleurs" et surtout les 8 cases de la terre au ciel de "la marelle". Arrivés au bas de la rue nous sommes face à une grande maison faite de petites briques rouges aux nombreux toits pentus et fenêtres à petits carreaux. Un "château" pour nous seuls, entouré de son parc où nous allions jouer en cachette en passant dans un trou du grillage.
Nous faisons déjà demi tour, elle est bien courte maintenant ma rue. Je regarde les enfants jouer et me demande ce qu'elles sont devenues les copines de la rue de la Paix. (Memoire 1993)
00:25 Publié dans Famille, Mémoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
samedi, 28 juillet 2007
Larry Brown
Chez Larry Brown les hommes sont brutaux, alcooliques, incapables d’exprimer leurs sentiments. Ils traînent de bar en bar et conduisent sans but sur des routes interminables à bord de leur « pick up » une arme sous le siège et une glacière remplie de bière fraîche à portée de main. Les femmes sont à la merci des hommes, convoitées ou exploitées. Elles tentent de se faire une place, de se faire aimer et disparaissent avant qu’il ne soit trop tard. Il y a beaucoup de pudeur dans le regard de Larry Brown sur ces êtres, un mystère, une interrogation. On aimerait que la chance tourne mais le destin/l’auteur est toujours plus fort et Larry Brown garde sa vision de la vie. Il est souvent comparé à William Faulkner. Il y a effectivement une continuité dans l’observation et le regard porté sur les hommes mais aussi sur l’importance des lieux et des paysages où ils vivent. Il fait partie de ces écrivains américains bien ancrés dans leur terre natale et qui, après avoir fait de multiples petits boulots, écrivent des romans sincères capables de nous toucher. Je lis et relis ses romans et nouvelles souvent, ils m'acompagnent ou me suivent c'est selon. Principaux livres: Faire front (1988), Joe (1994), Sale Boulot (1996), Père et Fils (1999), et Fay (2000), Dur comme l'Amour (2002), L'usine à lapin ( 2004). Larry Brown s’est éteint le 24 novembre 2004, à 53 ans.(Quotidien 28 Juillet 2007)
08:40 Publié dans Lire,Ecrire,Chanter,Ecouter, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
vendredi, 27 juillet 2007
Petits jeux.
Mon père allumait une cigarette puis déballait un bonbon au chocolat. Il fumait, sucait son bonbon et regardait la fumée monter dans l'air en tapotant des doigts sur la table. Maman le regardait et levait les yeux au ciel sans rien dire, elle ne supportait pas quand papa fumait et mangeait un bonbon en même temps, c'est pourtant quelque chose qu'il faisait souvent. C'était un jeu, une agacerie, une provocation entre eux deux que j'observais depuis toujours. (Mémoire 1983)
07:00 Publié dans Mémoire, Papa | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
jeudi, 26 juillet 2007
Yin Yang
La fenêtre est ouverte, j'écoute les cris des oiseaux de nuit et le vent dans les arbres. Tu t'es vite endormie après et je regarde la courbe de tes hanches et de ta taille sous la lumière de la nuit. Un vent frais remue les rideaux blancs et brasse, dans la chambre, nos odeurs. Depuis quelques mois l'envie de se toucher, de se caresser, de jouir, d'être ensemble est insatiable et constante. Nous trouvons dans nos ébats une énergie bienfaisante qui nous permet de vivre et d'appréhender le quotidien différemment. La vie de la maison est agréable, détendue, joyeuse et bien que nos conditions matérielles restent difficiles nous vivons notre quotidien et envisageons l'avenir avec bonheur. Je ressens en moi une énergie masculine qui me donne envie d'aller vers toi, de te prendre, de te combler, de te protéger et de t'aimer. Ton énergie féminine t'illumine comme jamais et nous irradie tous. Nous nous complétons. Ce soir au moment où tu préparais le repas je suis passé plusieurs fois derrière toi pour préparer la table, je t'ai frôlée et ces frôlements nous ont fait frissonner. Nous nous regardons de temps en temps et nous nous sourions avec dans la tête les mêmes idées et les mêmes envies. Ma fille nous regarde en riant et nous trouve "graves". Nous avons déjà vécu de nombreuses fois ce genre de moments mais le quotidien, la fatigue, le travail, nos négligences nous empêchaient de les prolonger et nous éloignaient l'un de l'autre mais cette fois c'est différent, "toi et moi il ne faut surtout pas qu'on se perde". (Quotidien 26 Juillet 2007) 01:00 Publié dans Quotidien | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
mardi, 24 juillet 2007
Un dimanche entre amis.
Un ami est venu avec sa famille passer quelques jours de vacances dans le sud pas loin de chez nous. Il nous invite à venir passer la journée de dimanche avec eux. Nous sommes heureux de les revoir, lui sa femme et son fils. Nous le connaissons depuis 20 ans et il représente beaucoup pour ma femme. Nous le voyons rarement, tous les deux ans peut être, il change, il vieillit, ses cheveux deviennent gris et il a grossi mais il a gardé sa bonne humeur, sa fantaisie et sa générosité. Nous mangeons avec plaisir et buvons une bouteille de champagne. Il fait chaud sur la terrasse à l'ombre du parasol. Nous parlons beaucoup, des enfants, du travail, de l'argent, du chômage. Nous évoquons nos souvenirs communs les plus drôles mais aussi les plus tragiques. A table je regarde son petit garçon de 11 ans, il est drôle, intelligent et fait le pitre pour nous faire rire. Je regarde ses épaules, ses dents blanches et son visage rond d'enfant blond et je pense à moi au même âge quand je racontais les histoires de toto dans les repas de famille pour faire rire tout le monde. Après le repas nous partons marcher dans la campagne alentour. Il fait chaud, les enfants courent devant nous. Ma fille va caresser un cheval blanc dans un champ et lui donne de l'herbe à manger. Le soir arrive vite je propose de partir mais nous n'en avons pas envie et nous décidons de rester encore un peu. Le repas se termine, la dernière bouteille de champagne est bue et je termine un café. Les enfants dorment dans le salon, des flammes de bougies de couleur posées sur la table nous éclairent, nous parlons doucement et nos conversations sont plus personnelles, plus intimes. Il est tard la nuit est douce, chaude et nous n'avons toujours pas envie de partir. (Quotidien 15 Juillet 2007)
20:00 Publié dans Instants privilégiés, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
lundi, 23 juillet 2007
Jacques Prévert.
Je suis au cours de comédie René Simon, je regarde les autres élèves interpréter leur scène. Un gars et une fille jouent Roméo et Juliette. Roméo est allongé inconscient sur la scène et Juliette pleure le tenant dans ses bras. Dans la salle c'est le silence complet, nous sommes émus, les élèves comédiens sont très doués. Nous applaudissons à la fin et les deux élèves saluent, les larmes aux yeux. Le prof fait des commentaires, nous écoutons avec respect. Le prof me désigne du doigt. Je me lève et me dirige vers la scène. Je me place et commence à dire le poème de Prévert que j'ai choisi. "Dans ma maison vous viendrez D'ailleurs ce n'est pas ma maison Je ne sais pas à qui elle est Je suis entré comme ça un jour Il n'y avait personne Seulement des piments rouges accrochés au mur blanc" Les mots viennent facilement et j'ai beaucoup de plaisir, malgré les regards attentifs des élèves sur moi et le trac qui me serre la gorge. Le commentaire du prof est plutôt positif, mon choix est bon, ma voix est agréable et je dégage une certaine assurance, il me faudra travailler la diction et le rythme pour la prochaine fois. Je suis content je descends les 3 marches de la scène et retourne à ma place parmi les autres élèves. (Mémoire 1977)
21:40 Publié dans Adolescence, Mémoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
vendredi, 20 juillet 2007
Ensemble.
Il est tard, nous parlons assis tous les deux sur le banc dans la cour. Le chien vient à ta rencontre. Il saute sur tes genoux et trouve une place sur toi. Il pose la tête sur ton épaule et se détend immédiatement en poussant un long soupir. Les oiseaux de nuits crient et commencent leur chasse pendant que les chats aux aguets les regardent planer. Nous parlons. La télé est restée allumée. Ma fille va se coucher elle nous fait un coucou depuis sa chambre avant de fermer ses volets. Les vacances avancent doucement. Nous vivons les journées une par une dans le plaisir d'être ensemble, de partager des moments et de poursuivre notre histoire.(Qotidient 12 Juillet 2007)22:05 Publié dans Quotidien | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
jeudi, 19 juillet 2007
La cabine de bain.
J'ai enlevé mon maillot de bain et la serviette est par terre pleine de sable. Je me branle debout sur la planche en bois dans la cabine de bain. Je regarde au dessus de la porte les arbres onduler sous le vent de l'autre coté de la rivière. La planche du plongeoir claque sur son socle à chaque plongeon. Je ferme les yeux de temps en temps. Des enfants crient, plongent dans le grand bain, courent dans la pataugeoire. J'ai l'impression que je vais m'évanouir. Les copains me cherchent, je les entends m'appeler. Les maîtres nageurs discutent assis dans des pliants et regardent passer les filles en maillot. C'est fini. Je remets vite mon maillot de bain ramasse la serviette et sors de la cabine rejoindre mes copains. C'est l'été, je suis en vacances et je passe toutes mes après midi dans un espace de baignade aménagé sur les bords de l'Aisne la rivière qui traverse ma ville. ( Mémoire été 1973 )
23:40 Publié dans Enfance, Mémoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
dimanche, 08 juillet 2007
Petit déjeuner.
Ce matin la lumière à travers les volets est faible, le temps est certainement maussade. Mes filles sont à la maison, la grande est encore couchée et la petite regarde la télé en bas. Le chien est réveillé, il fait le tour du lit, il tire la porte avec son museau et descend les escaliers. J'aime bien le bruit de ses griffes, sur le carrelage. Je suis en vacances. Une semaine de repos après la fatigue quotidienne du travail et des heures supplémentaires. Tu respires doucement et je regarde ton sommeil de fin de nuit. Je caresse doucement ton dos, tes hanches et tes fesses. Tu as été longue à t'endormir, je me suis levé plusieurs fois dans la nuit car nous sommes tous les deux encore sous l'onde de choc provoquée par l'annonce du suicide du père de la meilleure amie de ma fille. Je vais me lever. Je vais aller chercher le pain avec le chien et je préparerai le café, les confitures et le beurre pour notre petit déjeuner. (Quotidien le 08 Juillet 2007)
12:35 Publié dans Famille, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
vendredi, 06 juillet 2007
Brevet des collèges.
Elles ont fait les soldes. Ma fille me montre les habits qu'elle a choisi. Un pantalon, des tee schirts, des chaussures, un collier, du maquillage. Elle est belle, tellement déjà féminine. Je suis ému de la voir tourner devant moi, je la prends dans mes bras et pose un baiser sur son épaule, mon enfant mon amour. C'est bon d'être père. Nous savons depuis ce matin qu'elle a son brevet des collèges avec mention. ( Quotidien le 05 Juillet 2007 ) 09:00 Publié dans Famille, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie


