vendredi, 20 juin 2008
Demi-pensionnaire
(Quotidien 16 Juin 2008) La file d'attente est longue et bruyante. Des garçons et des filles piétinent à l'entrée du réfectoire pour la tranche de pain et la barre de pâte de fruit de quatre heures. Le pain sera trop épais et dur. Je le jetterai aux moineaux et je mangerai la pâte de fruit en vitesse avant que les copains ne me la vole ou cherche à l'échanger contre 2 ou 3 agates. Je cours pour ne pas manquer l'entrer de l'étude. Les billes cognent contre mes cuisses et je suis obligé de tenir mes poches pour ne pas les perdre.
J'ai ce souvenir là du collège "Robert de Sorbon". J'étais demi pensionnaire, je restais le soir à l'étude et rentrais avec le vélo de mon frère qui avait une mobylette. C'était un vélo avec un guidon rond, comme celui des coureurs du tour de France de l'époque. Papa l'avait réparé et repeint pendant l'été en le suspendant aux fils à linge du sous-sol.
Mes filles allaient au collège en vélo. Je ne sais même plus comment étaient leurs vélos, ni ce qu'ils sont devenus. Ils ont du disparaître avec les déménagements successifs. Ma fille n'est plus au collège mais au lycée. Elle a terminé sa seconde et passe en Première S. Elle va au lycée en bus le matin et rendre le soir juste après ses cours. Elle a sa carte pour le bus et pour ses repas. Elle mange à son lycée et de temps en temps au Mcdonald's du Carrefour ou dans la petite boulangerie juste derrière le lycée avec les tickets restaurant de mon entreprise. Sa sœur est acceptée pour sa Troisième année aux beaux arts et c'est demain son anniversaire. Elle a fait la fête toute la nuit avec les copains des Beaux Arts. Elle a des cernes sous les yeux et elle est fatiguée. Je regarde son copain, il s'approche d'elle et lui caresse la main.
Nous buvons un café en plein centre ville de Montpellier. Nous sommes venus acheter des livres chez Gibert pour que ma fille travaille les maths, la physique et les sciences cet été. C'est elle qui me l'a demandé, elle veut être prête pour la rentrée. C'est sérieux, Il y a le bac au bout de ces prochaines années de lycée. C'est un bon moment avec mes enfants.
Je pense au petit garçon qui courait avec ses billes dans les poches. J'y pense à cause de mes filles mais aussi à cause du livre que je viens de terminer où JC Mourlevat dans des textes courts parle de ses années d'internat dans les années soixantes avec beaucoup de talent. C'est un livre que j'ai beaucoup aimé et qui a réveillé en moi beaucoup de souvenirs.
00:13 Publié dans Famille, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, nouvelles, textes brefs, écriture, écritures, blog
lundi, 31 mars 2008
De l'autre coté.
10:36 Publié dans Quotidien | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
jeudi, 22 novembre 2007
Bol d'air.
Je sors de la voiture une dernière fois avant de partir travailler. Le vent et si violent que j'ai le souffle coupé et manque de tomber. Les embruns me mouillent le visage et les odeurs marines sont puissantes.
00:05 Publié dans Instants privilégiés, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
mardi, 20 novembre 2007
Où il fait toujours beau où tous les jours sont chauds.
Depuis quelques semaines Gérard Lenormand fait la promotion de sa biographie et chaque fois que je le vois je pense à ce disque que j'écoutais sans arrêt, en 1972 sur mon tourne disque rouge. (You tube version 1972) (Paroles et musique de Richard seff , Daniel Seff 1972)
09:05 Publié dans Lire,Ecrire,Chanter,Ecouter, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
lundi, 12 novembre 2007
Quiétude.
(Quotidien 4 Novembre 2007) Nous nous promenons avec mon beau frère et sa femme venu passer quelques jours chez nous. Nous avons choisis de suivre le plus longtemps possible l'aqueduc de Castries. Dans le village les maisons s'encastrent entre les pieds de l'aqueduc et la rue principale passe sous une arche haute de 20 mètres. Dans la garrigue et les bois, l'aqueduc enjambe les sentiers et dessine des courbes. Il s'ajuste au dénivelé du sol et les arches rapetissent progressivement pour disparaître et laisser place à un conduit en pierre d'une profondeur de 50cm à 1 mètre là où s'écoulait l'eau. Nous marchons dans les bois sur les pierres recouvertes de mousse, certaines bougent sous nos pas d'autres sont cassées ou sont tombées dans le conduit d'eau. C'est un ouvrage incroyable, long de 6822m qui se confond avec la nature environnante. Il a été construit entre 1670 et 1676 pour amener l'eau au château de Castries et des travaux de rénovation sont en cours depuis plusieurs années. Il est déjà tard. Nous ne pourrons pas parcourir les 4 Kms restant pour atteindre la source d'où provenait l'eau. Nous reviendrons, et nous irons jusqu'au bout cette fois, ma fille en a très envie et moi aussi. Nous nous asseyons par terre au milieu d'un chemin pour faire une pause et boire un peu. La vue, la lumière et les couleurs d'automne sont magnifiques. Au loin les arches blanches et lumineuses de l'aqueduc couronnent les bois. Le village est sur la gauche avec à son sommet le château. Je devine au loin les étangs et encore plus loin la méditerranée. Les enfants sont silencieuses, c'est un moment de calme, de paix et de quiétude exceptionnel.
23:30 Publié dans Instants privilégiés, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
samedi, 10 novembre 2007
La nuit.
(Quotidien Novembre 2007) Je me lève. Je n'arrive pas à dormir. J'allume la télé sans le son. Je vais sur Internet et n'arrive pas à lire les blogs. J'ai envie de rien. Je reste assis et j'attends. Je vis depuis toujours avec ça en moi. Les premiers souvenirs de ces moments remontent à mes 15 ans, maintenant j'en ai 48. L'habitude, l'expérience, la thérapie m'ont permis de comprendre et de vivre avec, jour après jour. Cela va passer. Il faut attendre, travailler, rire avec les autres, manger, rester debout, continuer les gestes du quotidien. La maison est endormie. Il pleut. Je pense à mon père. Il y a peu de temps en parlant avec ma mère et en me souvenant de son comportement à la maison j'ai compris que mon père était aussi comme çà. Je comprends mieux cette façon qu'il avait d'être là sans vraiment être là. Je comprends mieux aussi les longues heures qu'il passait debout la nuit dans la cuisine ou dans les toilettes à fumer dans le noir. J'allais parfois l'observer et je me recouchais en silence avant de me rendormir.
01:05 Publié dans Papa, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
samedi, 27 octobre 2007
C'est déjà ça.
(Quotidien 25 Octobre 2007) J'ai pris rendez-vous avec l'assistante sociale de mon village. C'est une jeune fille qui me reçoit, remplaçante de la personne que j'avais déjà rencontrée il y a plus d'un an. Elle me fait asseoir dans son bureau et sur sa demande "je commence". J'explique les revenus actuels et les démarches professionnelles engagées pour augmenter ces revenus. Je montre les factures en attentes, téléphone, EDF. Je parle des impôts locaux qui m'envoie un avis avec des erreurs, des allocations familiales qui me réclament un trop perçus sur 4 mois auquel je ne comprends rien, du loyer qui a augmenté sans raison et de ma recherche de logement social qui n'aboutit pas malgré mes demandes et mes appels répétés depuis des mois. Elle note sur son cahier à spirales les informations que je lui donne. Je demande simplement une aide financière ponctuelle pour passer un moment difficile. Il est évident qu'elle n'a rien de concret à me proposer. Elle trouve ma démarche justifiée et constate notre détermination mais elle est désolée. Les recours que j'ai engagés sont les seules démarches possibles. Ils devraient donner des résultats. Il faut être patient. Je dois continuer. Nous n'avons pas de dettes importantes, pas d'huissier à notre porte ni de mise en demeure ou de lettres de recouvrement en attentes et aucun loyer impayée. Elle me dit clairement que la situation n'est pas suffisamment critique pour rentrer dans le cadre d'une aide précise et qu'il y a des gens dans des situations bien plus difficiles, ce que je veux bien croire.
-"Ok je vais arrêter de payer mon loyer et mes factures et peut être que j'obtiendrai quelque chose alors".
-"Oh non surtout pas Monsieur".
15:10 Publié dans Famille, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
jeudi, 25 octobre 2007
Retour en bus.
(Quotidien Octobre2006) La joue collée contre la vitre embuée du bus, je pense à mon père. Encore. Je ne sais pas pourquoi il est toujours là, dans ma tête prêt à surgir au moment où je m'y attends le moins. Je regarde mon reflet dans la vitre. Je règle le son de mon MP3. J'ai dans les oreilles une chanson de Miossec. Je lui ressemble de plus en plus. Le front, les yeux, le corps. Ma femme me le dit souvent. Il y a aussi les attitudes, les gestes et les expressions. J'ai des souvenirs de lui dans mon enfance mais ils sont si peu nombreux. J'ai surtout la mémoire de l'indifférence et de l'ignorance au moment où j'en avais absolument besoin. Je ne demandais pas grand-chose putain. C'est douloureux, très douloureux encore aujourd'hui. Le bus remonte l'avenue de la mer, nous serons bientôt arrivés. Le ciel est noir. Maman hier au téléphone m'a encore dit que j'avais la même voix que lui. Je n'aime pas quand elle parle de lui, ce n'est pas l'homme que j'ai connu. Ils annoncent encore une alerte orange pour ce soir. Il faudra couper Internet et le téléphone. Je pense à mes filles. Quel père je suis? Et puis merde à quoi cela serre t-il de remuer cette chose si profonde.
00:05 Publié dans Papa, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
dimanche, 21 octobre 2007
Maupassant, Sting, Ibiza...
(Quotidien Octobre 2007)
Le froid revient doucement mais sûrement. Le soleil du sud ne suffit pas à réchauffer la maison toujours aussi humide dés qu'il fait un peu froid. Nous reprenons progressivement nos habitudes d'hiver. Le chauffage au gaz dans la salle, les pulls en couches successives, les couettes et les draps en flanelle. Il est encore trop tôt pour les bouillottes dans les lits, mais elles sont prêtes. Ma femme travail ses cours sur la table de la salle, elle me demande conseil pour les maths. Ma fille joue avec le chien en le faisant courir et aboyer dans les escaliers. Je déteste ça. Je prépare le repas en écoutant en boucle une musique découverte il y a peu ICI. Je suis content de mes progrès en cuisine. J'ai mis de coté la facture d'électricité et des impôts locaux en attendant la paye de Octobre augmentée d'heures supplémentaires. Il faut que j'appel ma mère, elle doit être revenu de son voyage à Ibiza. Je pense aux nouvelles de Maupassant que je lis depuis plusieurs semaines. J'adore son écriture, son humour et cette capacité à décrire en 3 pages, des lieux, des personnages, un univers, une vie. J'aime beaucoup aussi quand j'arrive à la fin d'une nouvelle lire une date du genre "20 Mars 1886". Il faut que je trouve une biographie. J'ai dans la tête cette petite phrase simple et limpide "Le soleil de midi tombe en large pluie sur les champs. Ils s'étendent, onduleux, entre les bouquets d'arbre des fermes, et les récoltes diverses, les seigles mûrs et les blés jaunissants, les avoines d'un vert clair... C'est prêt, je vais mettre la table et nous allons manger.
19:05 Publié dans Famille, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie
jeudi, 18 octobre 2007
Raccourcis.
Je me rase dans la salle de bain et ma fille est assise sur le rebord de la baignoire. Nous parlons de sa journée sans lycée à cause de la grève des bus. Je fais couler l'eau chaude dans le lavabo mouille un gant de toilette et humidifie mon visage. C'est agréable. Je secoue la bombe de mousse à raser et l'étale onctueuse et odorante sur mes joues. Nous ne parlons plus elle me regarde et suit mes gestes un par un. Je lui souris par miroir interposé. Je trempe le rasoir dans l'eau chaude et me rase découvrant ma peau sous la mousse blanche. Je me rince le visage et applique en tapant sur mes joues un après rasage qui me pique et me fait du bien en même temps. La vie nous fait de drôle de raccourcis dans le temps. (Quotidien Octobre)
23:00 Publié dans Famille, Quotidien | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog, amour, vive la vie



