dimanche, 07 juin 2009
Depuis le balcon.
(Quotidien Juin) Mon café refroidit sur la petite table ronde. J'ai bien fait de descendre la chaise de jardin de la térasse, même si elle est un peu grande pour le balcon. Il fait chaud. Le vent fait bouger le lierre, le papyrus, les volubilis, les géraniums, les fleurs du bougainvillier et d'autres plantes dont je ne connais pas les noms. Décidément, tu as la main verte. Il y avait du monde ce matin au marché . Je n'ai pas aimé me promener dans les allées avec les sacs de plastique qui me coupaient les doigts. Nous aurions du l'acheter ce citronnier, même s'il était un peu chère. Tu en avais envie. J'ai bien aimé quand ma fille a table ce midi a dit que les plantes donnaient l'impression "d'exploser d'énergie" depuis quelques semaines. Tu as bien aimé tes cadeaux et notre fille t'a appelé. Elle n'oublie jamais. Quand elle est née le 14 Juin 1987, j'étais très fière et je disais à tout le monde.
- "C'est ma première fête des pères".
J'étais aussi fière d'avoir une fête en avance sur toi. C'était con.
Une voisine parle espagnol à son chat et pose une assiette de croquettes par terre. J'aime bien le bruit de ses mots, de l'assiette et des miaulements du chat. Il faudra que je téléphone à ma mère.
17:54 Ecrit par Marc dans Instants privilégiés, Quotidien | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, nouvelles, textes brefs, écriture, écritures, blog
dimanche, 01 février 2009
Au fond.
(Quotidien Février) Il y avait longtemps. Je pensais en avoir fini. Je pose les pieds par terre et je sais que c'est là. C'est dans la douleur que j'ai derrière le crâne. C'est dans mon envie de continuer à dormir. C'est dans ma mauvaise humeur et mon agréssivité permanente qui inquiète et blesse mon entourage. C'est dans mon incapacité à écrire et à lire. C'est dans mon envie de pleurer sans raison. C'est dans mon absence d'énergie.
J'ai grâce au hasard des plannings 3 jours de repos. Je vais me laisser tomber du pont sans résister et je sais que cela en deviendra presque horriblement agréable. Quand j'aurai touché la vase je donnerai un coup de pied pour remonter. Je sais comment faire, j'ai l'habitude, depuis le temps que je vis avec. C'est écris partout dans mes carnets et dans ce blog et je n'ai pas envie d'en dire plus. Cela va passer. Il y a des vies bien plus difficiles que la mienne et des douleurs bien plus profondes.
10:52 Ecrit par Marc dans Famille, Quotidien | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, nouvelles, textes brefs, écriture, écritures, blog
lundi, 12 janvier 2009
La plus belle.
(Quotidien Janvier 2009) Je regarde la télé assis sur le canapé rouge. Je profite de la lumière et du soleil au travers des vitres de la porte fenêtre. Comme le chat dans son panier, je suis bien. L'image de la télé est à peine visible mais je m'en moque. Elle s'assied et pose sa trousse de maquillage entre nous deux. Elle a pris le miroir du salon et le maintient entre ses genoux serrés puis courbe le dos et inspecte son visage. Elle prend une petite brosse de poils noirs et souples et caresse d'un geste rapide et tournant ses joues, son front et son cou. De minuscules grains de poudre volent dans la lumière autour d'elle. Elle prend un crayon noir et d'un geste précis trace un trait au ras de ses cils. Elle jette un regard vers la télé puis s'occupe de l'autre œil. Elle ouvre une petite boite noire et avec un petit pinceau pose de la couleur sur une paupière puis l'autre. Elle approche le miroir de son visage pour vérifier le résultat puis le replace entre ses genoux. Elle fouille dans sa trousse de maquillage et j'aime bien le bruit que font les flacons, boites, tubes et pinceaux. Elle prend un tube noir, se penche sur la glace et avec une petite brosse allonge ses cils. Elle prend sa brosse à cheveux et ses nombreux bracelets sonnent à chacun de ses mouvements. La voisine ouvre ses volets et nous rigolons en voyant son visage chiffonné par le sommeil et ses cheveux jaunes en broussaille. Elle appelle son chien, claque les volets de bois contre le mur, se penche par la fenêtre pour les fixer et regarde chez nous avant de refermer les fenêtres de sa chambre. Ma fille ferme sa trousse de maquillage, se lève du canapé fait un tour sur elle-même et va reposer le miroir sur le meuble. Elle en profite pour ajuster une mèche de cheveux rebelle, se parfum rapidement puis descend les escaliers en courant.
-Bon, j'vais au marché avec ma copine, à bientôt.
Le soleil a disparu derrière la maison d'en face et je regarde le chat en souriant.
10:06 Ecrit par Marc dans Famille, Quotidien | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, nouvelles, textes brefs, écriture, écritures, blog
jeudi, 01 janvier 2009
Bonne année.
(Quotidien décembre 2008) 495 notes, 1794 commentaires, entre 100 et 150 visites par jour mais surtout, j'ai toujours envie d'écrire, de vous lire et de vous connaître. Le "blog" restera ouvert en 2009. Entrez, faites comme chez vous, prenez votre temps, promenez vous, laissez un petit mot et revenez quand vous voudrez (vous connaissez l'adresse), en attendant, bonne année.
00:47 Ecrit par Marc dans Lire,Ecrire,Chanter,Ecouter, Quotidien | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, nouvelles, textes brefs, écriture, écritures, blog
dimanche, 28 décembre 2008
Entre noël et nouvel an.
(Quotidien Décembre 2008) La porte de la maison donne directement sur la rue. Les voitures font trembler les vitres du salon. Le temps est froid et lumineux. Ma femme et ma fille dorment encore. Des gens remontent calmement la rue pour se rendre au marché. Je les entends parler. Maria, la voisine n'a pas encore ouvert ses volets. Le chien du voisin aboie comme tous les jours à l'arrivée de Rachel la copine de sa femme Monique. Un groupe de chats attendent leurs croquettes devant le portail vert de Lucien. Il y a plusieurs jours que je n'ai pas vu sa femme marcher douloureusement dans la rue. Nous sommes dans ce temps si particulier entre noël et nouvel an. Un temps lent comme suspendu avant la chute vers l'année suivante. La météo me rappelle qu'il neige là haut, chez ma mère dans les Ardennes.
Pour me faire lever plus tôt le dimanche matin mon père criait.
-Il neige, il neige mon cadet vient vite.
Je courais pieds nus à la fenêtre de la cuisine pour vite regarder dehors pendant qu'il riait de moi. Je retournais me coucher déçu et les pieds glacés. Je restais alors le plus longtemps possible sous mon édredon et mes couvertures chaudes à essayer de dormir encore mais c'était foutu.
Le chien tourne autour de moi, il a envie de sortir pisser. Quand ma femme sera réveillée nous irons acheter à la boulangerie du centre 3 petits pains aux olives et 3 autres aux figues pour le repas de ce midi. Nous devrons certainement attendre dans la file d'attente du trottoir au comptoir en regardant les décorations de noël de la vitrine puis les bûches au chocolat et les gâteaux dans la vitrine tournante. Nous prendrons le temps de boire un café sur la terrasse chauffée au gaz du "Café du Midi" et croiserons des amis le temps d'un café. Hier, ma fille m'a fait visiter pour la première fois l'appartement où elle vit le week-end avec son ami. Nous avons bu un Nescafé en parlant de l'appartement, de Noël et des cadeaux que nous avons reçu. C'était agréable et émouvant. Rachel joue avec le chien qui aboie de nouveau, je pense qu'elle ne cessera jamais de nous réveiller le matin. J'entends du bruit dans la salle de bain. J'éteind la télé et vais préparer un café. Je regarde le ciel par la fenêtre de la cuisine et pense aux petits pains et à la neige.
17:03 Ecrit par Marc dans Famille, Quotidien | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, nouvelles, textes brefs, écriture, écritures, blog
mardi, 23 décembre 2008
Ca calme.
(Quotidient décembre 2008) Le marché de Noël occupe de plus en plus de place d'années en années. Les chalets serpentent sur la place de la comédie puis remontent l'esplanade sous les platanes jusqu'au Corum. J'ai acheté les cadeaux pour les enfants et pour ma femme. Je marche tranquillement en buvant un vin chaud. Je suis vraiment content de voir à quel point les enfants tiennent au repas de Noël. Nous échangeons depuis 15 jours des appels et des sms pour trouver les meilleurs cadeaux pour chacun et s'assurer qu'il y aura bien la bûche aux noix avec la crème Anglaise, un sapin décoré et les amies qu'elles ont prévu d'inviter. Nous ferons des jeux avant et après le repas puis sortirons dans les rues du village vers minuit pour laisser le père noël installer les cadeaux. Nous avons nos petits rituels.
Ma mère a eu 81 ans le 15 décembre dernier. Je lui ai souhaité son anniversaire au téléphone le jour même car nous habitons à plus de 900 km l'un de l'autre. Nous avons parlé de ses voisines, du quartier et d'un oncle mort dont je ne me souvenais pas. Je lui ai donné des nouvelles des enfants et je l'ai remercié pour les étrennes. Elle m'a encore demandé quand nous pourrions venir la voir et j'ai vaguement parlé de l'été prochain. Mon frère et ma sœur seront chez elle pour le réveillon le 24. Il y aura aussi ma nièce et mon neveu avec ses enfants. Ils vont certainement écouter les disques de chants de Noël de papa, regarder la télé et distribuer les cadeaux vers minuit avant de jouer à la belote ou au Tarot jusqu'à 5 heures du matin. Il faudra que je pense à les appeler. Je me suis rendu compte que je n'ai pas parlé avec mon frère depuis plus d'un an maintenant. Nous ne sommes pas fâchés, mais distant, sans que nous sachions vraiment pourquoi l'un et l'autre.
J'ai fini mon vin chaud et j'ai envie d'acheter des marrons mais je les trouve vraiment trop chère. Un sapin de métal lumineux bleu et blanc éclaire toute la place. Un musicien de rue joue très mal du violon.
J'ai sorti la malle bleue ou nous rangeons les décorations de noël. J'ai fait le sapin pendant que ma femme travaillait et que ma plus jeune fille était au cheval. J'ai pensé à la boite de poupée "Bella" jaune qu'utilisaient mes parents pour ranger leurs décorations. Les boules, les chaînes de perles rouges, les guirlandes électriques, les objets en verres ou en bois peints me rappelaient d'autres noëls. J'ai pris le temps de regarder les calendriers de l'avent des années précédentes. Le plus vieux date de 1987. J'ai retrouvé une lettre adressée au père noël en 2002. J'ai installé sur la rambarde du balcon la guirlande lumineuse avec les grosses ampoules de couleur que nous utilisons l'été.
L''année 2009 s'annonce plus facile, avec un peu plus d'argent à la fin de chaque mois. Il y aura peut être un déménagement, nous verrons bien. Un jeune homme les écouteurs MP3 dans les oreilles marche vite vers le Mc Do. Il tourne sur la droite vers la rue de la loge. Je le suis du regard. Il me fait penser à un très jeune collègue de travail qui Vendredi dernier me demandait l'age de mes enfants.
-16 et 21 ans.
-Ah oui quand même, sa calme! M'a-t-il répondu.
Je ne sais pas ce que voulait dire ce "ça calme" mais il m'a fait sourire. Mon portable vivre dans ma poche.
Je vous souhaite à tous un joyeux Noël.
19:17 Ecrit par Marc dans Famille, Quotidien | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, nouvelles, textes brefs, écriture, écritures, blog
dimanche, 07 décembre 2008
Une madeleine de ...
Antoine spermy , invité par le magazine Chronic'art dans la rubrique "blog party", présente mon blog par ces mots
"Cerné par le vide téchnophile, les billets sponsorisés et autres affrontements d'égo sur la toile, vous aurez besoin de calme et d'hautenticité. Une madeleine de Proust. "
Vous trouverez ce "magazine_culturel_connecté" facilement en kiosque.
14:24 Ecrit par Marc dans Lire,Ecrire,Chanter,Ecouter, Quotidien | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, nouvelles, textes brefs, écriture, écritures, blog
mercredi, 03 décembre 2008
Café du Mistral.
(Quotidien Décembre 2008) Les hommes jouent aux dominos. Les rectangles de bakélite claquent sur la table. Ils crient et rient en buvant leur bière ou leur pastis. Un jeune homme perché sur un tabouret écoute de la musique le regard absent la tête remuant en rythme. J'imagine un air de Bob Marley à cause de ses cheveux et de son bonnet coloré. J'ai choisi de m'installer dehors sur la terrasse pas loin de l'olivier et des deux platanes. Je ne vois plus les poules picorer dans les herbes ni les chats, seulement mon chien qui renifle partout et regarde de temps en temps si je suis bien là. J'ai oublié mon livre. Le patron est derrière le bar dans le café. Il sert les clients dehors debout sur la terrasse. C'est pratique pour ceux qui veulent fumer. Il aura suffit de faire une ouverture sur le mur de façade. C'est un homme tout en rondeur et bonhomie. Il se sert régulièrement un pastis levant très haut la bouteille. La patronne est à l'intérieur. Elle valide le bulletin de tiercé, de loto ou de Rapido d'un client puis retourne s'asseoir derrière l'autre bar pour lire "Midi Libre". La télé est allumée pour personne. Dans le village des pères noël grimpent le long des murs des maisons parfois je me demande s'ils ne cherchent pas plutôt à fuir. Les employés de la ville finissent d'installer les décorations de Noël et du haut de la nacelle l'un d'eux apostrophe un passant qui lève la tête étonné. Je me souviens d'un noël à Reims. Les filles étaient petites. Nous avions prévu dans une assiette sur le balcon des carottes et du pain pour nourrir les rennes du Père Noël et les rennes avaient tout mangé dans la nuit. Le calendrier de lavent que nous offre ma belle sœur chaque année est arrivé ce matin. Nous les avons tous gardés depuis 1987 tout comme les lettres au père Noël des enfants. Des fêtes bruyantes de cet été il ne reste que les chaises et les tables en bois empilées sous une bâche dans un coin du terrain. Le chien revient vers moi et se couche à mes pieds en soupirant. Les joueurs de dominos réclament encore des bières et des pastis. Je me souviens des premières fois où je les ai vus boire au matin un café allongé de pastis. Nous sommes en Décembre et il ne fait même pas froid au café du Mistral.
22:01 Ecrit par Marc dans Instants privilégiés, Quotidien | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, nouvelles, textes brefs, écriture, écritures, blog
mercredi, 26 novembre 2008
La maison d'en face.
(Quotidien Novembre 2008) Il a plu pendant trois jours. J'appelle mon propriétaire pour lui signaler une tâche d'humidité au plafond de la chambre de ma fille. Il arrive avec sa femme quelques minutes après mon appel. Ils sont étonnés et contrariés.
-C'est une vielle maison de village il est normal qu'il y ai un peu d'humidité. Dit-il en regardant le plafond. Sa femme le regarde avec un petit air pincé et énervé. Nous montons sur la terrasse. Il vérifie l'écoulement de l'eau puis contrôle les joints autour de la dalle. Il regarde le toit pour vérifier les tuiles. Je lui dis que j'ai déjà regardé les tuiles. Il ne me répond pas. Je m'éloigne d'eux. Il fait beau le temps est dégagé. Je vois parfaitement au loin le "pic Saint Loup" et les falaises du mont "Hortus" qui lui font face. J'adore venir ici de temps en temps pour regarder le panorama ou lire. Je suis le vol lent d'une mouette. Ils commencent à se disputer au sujet du toit qui aurait du être refait au moment où elle l'avait dit.
-Maintenant c'est trop tard nous sommes en hiver. Dit-elle.
Il ne répond pas et se tourne vers moi. Je pense à mes parents et leurs disputes incessantes. Je peux imaginer leur vie rien qu'en regardant le regard qu'il me lance. Mon père avait ce regard là quand il se disputait avec ma mère. Nous retournons dans l'appartement. Il demande à voir les autres pièces. Je l'accompagne dans notre chambre, la cuisine et les toilettes. Je suis agacé de voir sa femme nous suivre, contrôlant discrètement la propreté de chacune des pièces ou cherchant peut être un prétexte pour nous demander de partir. Le chien vient dans ses jambes, elle le repousse nerveusement. Je me rappel mes différentes visites avant la signature du bail. Elle était hésitante, méfiante et soupçonneuse. J'ai pensé plusieurs fois que nous n'aurions pas cet appartement. La maison que nous louions était en vente et le propriétaire impatient nous menacait par courriers recommandés malgré le bail que nous avions signé. Il n'y a pas de traces d'humidité dans les autres pièces. Ils sont un peu rassurés et je promets de rester vigilant et de les prévenir si nécéssaire. Nous parlons des voisines, du quartier et de la maison d'en face qui vient d'être vendue. Le nouveau propriétaire fait faire des travaux. Des ouvriers cassent les cloisons à coups de masse. Il fond un bruit infernal et lancent par les fenêtres des planches, des pierres, des morceaux de mur et de papier peint faisant un nuage de poussière qui scintille au soleil. Je leur rappel que je dois bientôt partir travailler. Ils me remercient de les avoir prévenu et je les accompagne enfin vers la porte d'entrée.
De nouveau seul dans la maison je ferme les fenêtres pour éviter la poussière et ne plus entendre les ouvriers détruire à coup de masse notre ancienne maison.
00:05 Ecrit par Marc dans Famille, Quotidien | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, nouvelles, textes brefs, écriture, écritures, blog
mercredi, 19 novembre 2008
Arrêt de travail ou Blog au village .
Aujourd'hui mon quotidien est ici"Le plafond" un espace crée par la talentueuse Zoridae. Je suis fièr de faire partie de cette aventure aussi suivez ce chemin pour me lire mais aussi pour découvrir mes prédécesseurs et laissez vos impressions.
11:07 Ecrit par Marc dans Instants privilégiés, Quotidien | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, nouvelles, textes brefs, écriture, écritures, blog
