mercredi, 09 janvier 2008

Pleine et entière.

(Quotidien Décembre 2007) Le soleil pointe à peine entre les volets de la chambre. Tu dors encore, les enfants aussi. Je me lève doucement et descends dans le salon. La maison est froide. J'ouvre la porte au chien et aux chats. J'enfile vite un pantalon, un pull et mon manteau. Je vais sur la place du village boire un café  avec le chien. Noël est passé. Les poubelles sont pleines de cartons d'emballage de papiers cadeaux déchirés et de sapins dépiautés. Des pères Noël descendent les façades des maisons. Des guirlandes oubliées clignotent. Je commande un café. Un homme gratte un par un des tickets de Banco. Perdu. Je pense à la  joie des enfants en ouvrant les cadeaux. Nous avons parlé des noëls précédents et regardé les photos des albums. J'ai perdu au Monopoli, normal, je n'avais que deux gares et les bleus. Internet est en panne j'espère que cela ne durera pas trop longtemps. Le portable vibre dans mon sac au moment où le serveur pose mon café sur la table.

-"Tu es où?

-"Au café sur la place. Je t'offre le café, tu viens?"

-"J'arrive".

Je regarde autour de moi. Je suis bien.

samedi, 29 décembre 2007

Bonne année à tous et à l'année prochaine.

mardi, 04 décembre 2007

Petits livres.

76ddafe6f31fba138c4112feee8a7ce8.jpg(Quotidien Novembre 2007) A la bibliothèque Emile Zola de Montpellier je cherche les petits livres. Les livres tellement fin qu'il est difficile de lire le titre et le non de l'auteur sur la tranche. Je regarde partout et en particulier en bas, là ou les personnes ne regardent pas souvent parce qu'il est difficile de se pencher sans gêner le passage. Ils sont parfois derrières, cachés, oubliés ou perdus à force d'avoir été poussé par les autres. J'en ai trouvé un dans les B coincé entre "Le deuxième sexe" et "Une mort très douce". Je le tire avec difficulté et découvre la couverture totalement blanche puis le nom de l'auteur " Cécile Beauvoir" et le titre " Le chemisier". Je l'ouvre, des nouvelles des textes courts, 87 pages. Je lis la quatrième de couverture "Sa voix est claire. Pâle. Elle tombe sur moi comme une averse de printemps". Il est évident que celui là est pour moi. Il va directement dans mon sac. Je continue ma recherche. Je change d'allée. Les C les D les E les S. Ah là encore un. Il est à peine visible, moins de 100 pages c'est certain. "La vie comme une image" de Jocelyne Saucier. Je lis au hasard "J'ai encore en mémoire l'odeur de vielle huile et de poussière que j'ai longtemps associé à mon père". Il est pour moi. Je continue et reprend mon tour. Les R maintenant. Je le vois avec sa tranche fine et mauve "Alain Rémond" "Chaque jour est un adieu". Je l'ai déjà lu et j'ai beaucoup aimé. Le téléphone vibre dans la poche de ma chemise il faut arrêter de chercher, descendre rapidement les escaliers en bois, faire la queue à la banque de prêt, récupérer la voiture et retourner travailler. Une heure de pause c'est toujours trop court.

jeudi, 22 novembre 2007

Bol d'air.

(Quotidien Novembre 2007) Le vent souffle depuis plusieurs jours, ce matin ils annonçaient 120 Km heure. Je suis garé face à la mer sur le parking de Carnon. Le ciel est sombre, nuageux et lumineux en même temps. Il est bas et se confond avec la mer. Les vagues écument et roulent sur le sable dans un bruit infernal. Les mouettes crient et plongent pour pécher. Un homme marche sur la plage pliant son corps pour affronter le vent et le sable piquant. J'ai essayé moi aussi de marcher mais j'ai vite renoncé. Je reste à l'abri dans la voiture qui bouge sous les assauts du vent. Je regarde le spectacle ou je lis.
Dans la nuit un bruit nous a réveillé. Je me suis levé et je suis descendu dans la cour. J'ai cherché, puis j'ai distingué une ombre bizarre et mouvante dans le fond de la cour. Je me suis approché. Un arbre du jardin voisin était tombé, détruisant une partie du mur mitoyen. Tu m'a rejoins dans la cour les bras serré contre toi pour te protéger du vent et du froid. J'ai fais le tour de la maison pour vérifier les fermetures des volets, des portes et des fenêtres et j'ai fais rentrer les chats pour que tu ne t'inquiétes pas. Je t'ai rejoint dans le lit, il était 2h30 et nous avons mis longtemps avant de nous rendormir.

Je sors de la voiture une dernière fois avant de partir travailler. Le vent et si violent que j'ai le souffle coupé et manque de tomber. Les embruns me mouillent le visage et les odeurs marines sont puissantes.    

lundi, 12 novembre 2007

Quiétude.

21708ebf6e8cbc8c142558dea81499e3.jpg(Quotidien 4 Novembre 2007) Nous nous promenons avec mon beau frère et sa femme venu passer quelques jours chez nous. Nous avons choisis de suivre le plus longtemps possible l'aqueduc de Castries. Dans le village les maisons s'encastrent entre les pieds de l'aqueduc et la rue principale passe sous une arche haute de 20 mètres. Dans la garrigue et les bois, l'aqueduc enjambe les sentiers et dessine des courbes.  Il s'ajuste au dénivelé du sol et les arches rapetissent progressivement pour disparaître et laisser place à un conduit en pierre d'une profondeur de 50cm à 1 mètre là où s'écoulait l'eau. Nous marchons dans les bois sur les pierres recouvertes de mousse, certaines bougent sous nos pas d'autres sont cassées ou sont tombées dans le conduit d'eau. C'est un ouvrage incroyable, long de 6822m qui se confond avec la nature environnante. Il a été  construit entre 1670 et 1676 pour amener l'eau au château de Castries et des travaux de rénovation sont en cours depuis plusieurs années. Il est déjà tard. Nous ne pourrons pas parcourir les 4 Kms restant pour atteindre la source d'où provenait l'eau. Nous reviendrons, et nous irons jusqu'au bout cette fois, ma fille en a très envie et moi aussi. Nous nous asseyons par terre au milieu d'un chemin pour faire une pause et boire un peu. La vue, la lumière et les couleurs d'automne sont magnifiques. Au loin les arches blanches et lumineuses de l'aqueduc couronnent les bois. Le village est sur la gauche avec à son sommet le château. Je devine au loin les étangs et encore plus loin la méditerranée. Les enfants sont silencieuses, c'est un moment de calme, de paix et de quiétude exceptionnel.  

vendredi, 28 septembre 2007

Dans la rue.

Je vais acheter en livre pour ma fille à Montpellier, après avoir traversé la place de la place de la Comédie je contourne le Mc Do et remonte la rue de la Loge vers le Virgin. La foule avance dans tous les sens, c'est la fin de l'été, il fait extrêmement chaud et je m'essouffle vite. Je remarque deux adolescents appuyés contre un mur s'embrassant longuement à pleine bouche. Il la serre tendrement dans ses bras et elle caresse tout aussi tendrement sa nuque et son crâne rasé. J'ai immédiatement en moi la sensation d'un baiser similaire et de l'excitation qu'il provoqua en moi, dans une autre rue et une autre époque où nous n'osions pas encore aller plus loin. Je les regarde et me dis qu'il n'y a que les ados pour s'embrasser comme ça dans la rue en oubliant le reste du monde et je remarque que je ne suis pas le seul à les regarder et peut être à me souvenir aussi. (Quotidien Septembre 2007)

dimanche, 19 août 2007

Abrivado et bandido.

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De hautes barrières rouges et blanches empêchent de sortir ou de rentrer dans le village et délimitent le parcours de l'abrivado. Le trident dans une main, le regard droit devant, les gardians sur leurs chevaux camarguais, habillés de la tenue traditionnelle conduisent en les entourant fermement 5 taureaux vers les arènes. Les sabots des chevaux et des taureaux martèlent le macadam. Les bêtes dégagent une forte odeur de sueur, de terre et d'excrément. Les gens rassemblés sur le parcours applaudissent et crient à leur passage. Les enfants du village comme le demande la tradition courent derrière les taureaux en essayant de leur attraper la queue et ma fille les trouve vraiment nuls. Dans les arènes le taureau sort du toril. Nous applaudissons son entrée avec le public. Il baisse la tête, souffle et gratte le sable. Les raseteurs pantalon et tee-shirt blanc rentrent en scène à leurs tours et saluent le public. Le spectacle peu commencer. Les raseteurs défient le taureau, crient son nom, courent à sa rencontre, le frôlent et l'évitent de justesse en sautant au dessus des barrières et en s'accrochant aux murs de l'arène. Ils cherchent à attraper la cocarde rouge placée entre les cornes du taureau ou la ficelle placée autour des cornes. Le public applaudit et crie à chaque exploit des jeunes hommes et du taureau. L'animateur avec un fort accent du sud annonce les sommes gagnées et offertes par les entreprises de la ville. C'est une course Camarguaise, un spectacle traditionnel et populaire. Nous craignons pour le taureau bien qu'il ne risque rien. Le spectacle terminé c'est le bandido, les taureaux sont reconduis vers les près.(Quotidien le 18 Août 2007)

mardi, 24 juillet 2007

Un dimanche entre amis.

Un ami est venu avec sa famille passer quelques jours de vacances dans le sud pas loin de chez nous.  Il nous invite à venir passer la journée de dimanche avec eux. Nous sommes heureux de les revoir, lui sa femme et son fils. Nous le connaissons depuis 20 ans et il représente beaucoup pour ma femme. Nous le voyons rarement, tous les deux ans peut être,  il change, il vieillit, ses cheveux deviennent gris et il a grossi mais il a gardé sa bonne humeur, sa fantaisie et sa générosité. Nous mangeons avec plaisir et buvons une bouteille de champagne. Il fait chaud sur la terrasse à  l'ombre du parasol. Nous parlons beaucoup, des enfants, du travail, de l'argent, du chômage. Nous évoquons nos souvenirs communs les plus drôles mais aussi les plus tragiques. A table je regarde son petit garçon de 11 ans, il est drôle, intelligent et fait le pitre pour nous faire rire. Je regarde ses épaules, ses dents blanches et son visage rond d'enfant blond et je pense à moi au même âge quand je racontais les histoires de toto dans les repas de famille pour faire rire tout le monde. Après le repas nous partons marcher dans la campagne alentour. Il fait chaud, les enfants courent devant nous. Ma fille va caresser un cheval blanc dans un champ et lui donne de l'herbe à manger. Le soir arrive vite je propose de partir mais nous n'en avons pas envie et nous décidons de rester encore un peu. Le repas se termine, la dernière bouteille de champagne est bue et je termine un café. Les enfants dorment dans le salon, des flammes de bougies de couleur posées sur la table nous éclairent, nous parlons doucement et nos conversations sont plus personnelles, plus intimes. Il est tard la nuit est douce,  chaude et nous n'avons toujours pas envie de partir. (Quotidien  15 Juillet 2007)

mardi, 08 mai 2007

Parenthéses.

medium_cerf_volantz.jpgIl fait beau, je suis en vacances quelques jours. Les enfants sont chez des amis pour un anniversaire et nous sommes à la plage pour profiter du vent, de l'air et du soleil. J'ai dans mon sac un livre de nouvelles et mon mp3. Ma femme lit le journal et nous discutons des élections. La déception commence à s'atténuer comme une blessure qui cicatrise doucement laissant une marque irritante que l'on cherche à oublier pour la journée qui se présente douce et calme. Je regarde les joueurs de volley courir et tomber dans le sable. Le vent pousse les bateaux et fait s'envoler les parasols, les serviettes, les ballons et les cerf-volants colorés. J'ai l'impression d'une journée entre parenthèses. .

mercredi, 25 avril 2007

Ségolène au Zénith.

Ségolène fait son show à Montpellier nous crions, sautons, chantons et applaudissons. Nous sommes en famille et ma fille trépigne de joie. Elle me pose des questions et regarde partout. Derrière nous un groupe de personnes plus âgées explose de joie à l'arrivée de Daniel Cohn Bendit. La salle est pleine, plus de 9000 personnes, c'est assourdissant, coloré, joyeux. Ségolène est vibrante, émouvante et tellement plus chaleureuse qu'à la télé dans les interviews. Le discours est rassembleur, et c'est une conception de la vie et de la société à laquelle j'adhère.

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