dimanche, 07 juin 2009

Depuis le balcon.

bougain.jpg(Quotidien Juin) Mon café refroidit sur la petite table ronde. J'ai bien fait de descendre la chaise de jardin de la térasse, même si elle est un peu grande pour le balcon. Il fait chaud. Le vent fait bouger le lierre, le papyrus, les volubilis, les géraniums, les fleurs du bougainvillier et d'autres plantes dont je ne connais pas les noms. Décidément, tu as la main verte. Il y avait du monde ce matin au marché . Je n'ai pas aimé me promener dans les allées avec les sacs de plastique qui me coupaient les doigts. Nous aurions du l'acheter ce citronnier, même s'il était un peu chère. Tu en avais envie. J'ai bien aimé quand ma fille a table ce midi a dit que les plantes donnaient l'impression "d'exploser d'énergie" depuis quelques semaines. Tu as bien aimé tes cadeaux et notre fille t'a appelé. Elle n'oublie jamais. Quand elle est née le 14 Juin 1987, j'étais très fière et  je disais à tout le monde.

- "C'est ma première fête des pères".

J'étais aussi fière d'avoir une fête en avance sur toi. C'était con.

Une voisine parle espagnol à son chat et pose une assiette de croquettes par terre. J'aime bien le bruit de ses mots, de l'assiette et des miaulements du chat. Il faudra que je téléphone à ma mère.

mercredi, 03 décembre 2008

Café du Mistral.

pere noel.jpg(Quotidien Décembre 2008) Les hommes jouent aux dominos. Les rectangles de bakélite claquent sur la table. Ils crient et rient en buvant leur bière ou leur pastis. Un jeune homme perché sur un tabouret écoute de la musique le regard absent la tête remuant en rythme. J'imagine un air de Bob Marley à cause de ses cheveux et de son bonnet coloré. J'ai choisi de m'installer dehors sur la terrasse pas loin de l'olivier et des deux platanes. Je ne vois plus les poules picorer dans les herbes ni les chats, seulement mon chien qui renifle partout et regarde de temps en temps si je suis bien là. J'ai oublié mon livre. Le patron est derrière le bar dans le café. Il sert les clients dehors debout sur la terrasse. C'est pratique pour ceux qui veulent fumer. Il aura suffit de faire une ouverture sur le mur de façade. C'est un homme tout en rondeur et bonhomie. Il se sert régulièrement un pastis levant très haut la bouteille. La patronne est à l'intérieur. Elle valide le bulletin de tiercé, de loto ou de Rapido d'un client puis retourne s'asseoir derrière l'autre bar pour lire "Midi Libre". La télé est allumée pour personne. Dans le village des pères noël grimpent le long des murs des maisons parfois je me demande s'ils ne cherchent pas plutôt à fuir. Les employés de la ville finissent d'installer les décorations de Noël et du haut de la nacelle l'un d'eux apostrophe un passant qui lève la tête étonné. Je me souviens d'un noël à Reims. Les filles étaient petites. Nous avions prévu dans une assiette sur le balcon des carottes et du pain pour nourrir les rennes du Père Noël et les rennes avaient tout mangé dans la nuit. Le calendrier de lavent que nous offre ma belle sœur chaque année est arrivé ce matin. Nous les avons tous gardés depuis 1987 tout comme les lettres au père Noël des enfants. Des fêtes bruyantes de cet été il ne reste que les chaises et les tables en bois empilées sous une bâche dans un coin du terrain. Le chien revient vers moi et se couche à mes pieds en soupirant. Les joueurs de dominos réclament encore des bières et des pastis. Je me souviens des premières fois où je les ai vus boire au matin un café allongé de pastis. Nous sommes en Décembre et il ne fait même pas froid au café du Mistral.

mercredi, 19 novembre 2008

Arrêt de travail ou Blog au village .

Aujourd'hui mon quotidien est ici"Le plafond" un espace crée par la talentueuse Zoridae.  Je suis fièr de faire partie de cette aventure aussi suivez ce chemin pour me lire mais aussi pour découvrir mes prédécesseurs et laissez vos impressions. 

mercredi, 09 janvier 2008

Pleine et entière.

(Quotidien Décembre 2007) Le soleil pointe à peine entre les volets de la chambre. Tu dors encore, les enfants aussi. Je me lève doucement et descends dans le salon. La maison est froide. J'ouvre la porte au chien et aux chats. J'enfile vite un pantalon, un pull et mon manteau. Je vais sur la place du village boire un café  avec le chien. Noël est passé. Les poubelles sont pleines de cartons d'emballage de papiers cadeaux déchirés et de sapins dépiautés. Des pères Noël descendent les façades des maisons. Des guirlandes oubliées clignotent. Je commande un café. Un homme gratte un par un des tickets de Banco. Perdu. Je pense à la  joie des enfants en ouvrant les cadeaux. Nous avons parlé des noëls précédents et regardé les photos des albums. J'ai perdu au Monopoli, normal, je n'avais que deux gares et les bleus. Internet est en panne j'espère que cela ne durera pas trop longtemps. Le portable vibre dans mon sac au moment où le serveur pose mon café sur la table.

-"Tu es où?

-"Au café sur la place. Je t'offre le café, tu viens?"

-"J'arrive".

Je regarde autour de moi. Je suis bien.

samedi, 29 décembre 2007

Bonne année à tous et à l'année prochaine.

mardi, 04 décembre 2007

Petits livres.

(Quotidien Novembre 2007) A la bibliothèque Emile Zola de Montpellier je cherche les petits livres. Les livres tellement fin qu'il est difficile de lire le titre et le non de l'auteur sur la tranche. Je regarde partout et en particulier en bas, là ou les personnes ne regardent pas souvent parce qu'il est difficile de se pencher sans gêner le passage. Ils sont parfois derrières, cachés, oubliés ou perdus à force d'avoir été poussé par les autres. J'en ai trouvé un dans les B coincé entre "Le deuxième sexe" et "Une mort très douce". Je le tire avec difficulté et découvre la couverture totalement blanche puis le nom de l'auteur " Cécile Beauvoir" et le titre " Le chemisier". Je l'ouvre, des nouvelles des textes courts, 87 pages. Je lis la quatrième de couverture "Sa voix est claire. Pâle. Elle tombe sur moi comme une averse de printemps". Il est évident que celui là est pour moi. Il va directement dans mon sac. Je continue ma recherche. Je change d'allée. Les C les D les E les S. Ah là encore un. Il est à peine visible, moins de 100 pages c'est certain. "La vie comme une image" de Jocelyne Saucier. Je lis au hasard "J'ai encore en mémoire l'odeur de vielle huile et de poussière que j'ai longtemps associé à mon père". Il est pour moi. Je continue et reprend mon tour. Les R maintenant. Je le vois avec sa tranche fine et mauve "Alain Rémond" "Chaque jour est un adieu". Je l'ai déjà lu et j'ai beaucoup aimé. Le téléphone vibre dans la poche de ma chemise il faut arrêter de chercher, descendre rapidement les escaliers en bois, faire la queue à la banque de prêt, récupérer la voiture et retourner travailler. Une heure de pause c'est toujours trop court.

jeudi, 22 novembre 2007

Bol d'air.

(Quotidien Novembre 2007) Le vent souffle depuis plusieurs jours, ce matin ils annonçaient 120 Km heure. Je suis garé face à la mer sur le parking de Carnon. Le ciel est sombre, nuageux et lumineux en même temps. Il est bas et se confond avec la mer. Les vagues écument et roulent sur le sable dans un bruit infernal. Les mouettes crient et plongent pour pécher. Un homme marche sur la plage pliant son corps pour affronter le vent et le sable piquant. J'ai essayé moi aussi de marcher mais j'ai vite renoncé. Je reste à l'abri dans la voiture qui bouge sous les assauts du vent. Je regarde le spectacle ou je lis.
Dans la nuit un bruit nous a réveillé. Je me suis levé et je suis descendu dans la cour. J'ai cherché, puis j'ai distingué une ombre bizarre et mouvante dans le fond de la cour. Je me suis approché. Un arbre du jardin voisin était tombé, détruisant une partie du mur mitoyen. Tu m'a rejoins dans la cour les bras serré contre toi pour te protéger du vent et du froid. J'ai fais le tour de la maison pour vérifier les fermetures des volets, des portes et des fenêtres et j'ai fais rentrer les chats pour que tu ne t'inquiétes pas. Je t'ai rejoint dans le lit, il était 2h30 et nous avons mis longtemps avant de nous rendormir.

Je sors de la voiture une dernière fois avant de partir travailler. Le vent et si violent que j'ai le souffle coupé et manque de tomber. Les embruns me mouillent le visage et les odeurs marines sont puissantes.    

lundi, 12 novembre 2007

Quiétude.

21708ebf6e8cbc8c142558dea81499e3.jpg(Quotidien 4 Novembre 2007) Nous nous promenons avec mon beau frère et sa femme venu passer quelques jours chez nous. Nous avons choisis de suivre le plus longtemps possible l'aqueduc de Castries. Dans le village les maisons s'encastrent entre les pieds de l'aqueduc et la rue principale passe sous une arche haute de 20 mètres. Dans la garrigue et les bois, l'aqueduc enjambe les sentiers et dessine des courbes.  Il s'ajuste au dénivelé du sol et les arches rapetissent progressivement pour disparaître et laisser place à un conduit en pierre d'une profondeur de 50cm à 1 mètre là où s'écoulait l'eau. Nous marchons dans les bois sur les pierres recouvertes de mousse, certaines bougent sous nos pas d'autres sont cassées ou sont tombées dans le conduit d'eau. C'est un ouvrage incroyable, long de 6822m qui se confond avec la nature environnante. Il a été  construit entre 1670 et 1676 pour amener l'eau au château de Castries et des travaux de rénovation sont en cours depuis plusieurs années. Il est déjà tard. Nous ne pourrons pas parcourir les 4 Kms restant pour atteindre la source d'où provenait l'eau. Nous reviendrons, et nous irons jusqu'au bout cette fois, ma fille en a très envie et moi aussi. Nous nous asseyons par terre au milieu d'un chemin pour faire une pause et boire un peu. La vue, la lumière et les couleurs d'automne sont magnifiques. Au loin les arches blanches et lumineuses de l'aqueduc couronnent les bois. Le village est sur la gauche avec à son sommet le château. Je devine au loin les étangs et encore plus loin la méditerranée. Les enfants sont silencieuses, c'est un moment de calme, de paix et de quiétude exceptionnel.  

vendredi, 28 septembre 2007

Dans la rue.

Je vais acheter en livre pour ma fille à Montpellier, après avoir traversé la place de la place de la Comédie je contourne le Mc Do et remonte la rue de la Loge vers le Virgin. La foule avance dans tous les sens, c'est la fin de l'été, il fait extrêmement chaud et je m'essouffle vite. Je remarque deux adolescents appuyés contre un mur s'embrassant longuement à pleine bouche. Il la serre tendrement dans ses bras et elle caresse tout aussi tendrement sa nuque et son crâne rasé. J'ai immédiatement en moi la sensation d'un baiser similaire et de l'excitation qu'il provoqua en moi, dans une autre rue et une autre époque où nous n'osions pas encore aller plus loin. Je les regarde et me dis qu'il n'y a que les ados pour s'embrasser comme ça dans la rue en oubliant le reste du monde et je remarque que je ne suis pas le seul à les regarder et peut être à me souvenir aussi. (Quotidien Septembre 2007)

dimanche, 19 août 2007

Abrivado et bandido.

De hautes barrières rouges et blanches empêchent de sortir ou de rentrer dans le village et délimitent le parcours de l'abrivado. Le trident dans une main, le regard droit devant, les gardians sur leurs chevaux camarguais, habillés de la tenue traditionnelle conduisent en les entourant fermement 5 taureaux vers les arènes. Les sabots des chevaux et des taureaux martèlent le macadam. Les bêtes dégagent une forte odeur de sueur, de terre et d'excrément. Les gens rassemblés sur le parcours applaudissent et crient à leur passage. Les enfants du village comme le demande la tradition courent derrière les taureaux en essayant de leur attraper la queue et ma fille les trouve vraiment nuls. Dans les arènes le taureau sort du toril. Nous applaudissons son entrée avec le public. Il baisse la tête, souffle et gratte le sable. Les raseteurs pantalon et tee-shirt blanc rentrent en scène à leurs tours et saluent le public. Le spectacle peu commencer. Les raseteurs défient le taureau, crient son nom, courent à sa rencontre, le frôlent et l'évitent de justesse en sautant au dessus des barrières et en s'accrochant aux murs de l'arène. Ils cherchent à attraper la cocarde rouge placée entre les cornes du taureau ou la ficelle placée autour des cornes. Le public applaudit et crie à chaque exploit des jeunes hommes et du taureau. L'animateur avec un fort accent du sud annonce les sommes gagnées et offertes par les entreprises de la ville. C'est une course Camarguaise, un spectacle traditionnel et populaire. Nous craignons pour le taureau bien qu'il ne risque rien. Le spectacle terminé c'est le bandido, les taureaux sont reconduis vers les près.(Quotidien le 18 Août 2007)

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