lundi, 15 décembre 2008

Calou.

(Texte bref Décembre 2008 ) Calou habite près du cimetière. Je vais jouer chez elle le Jeudi après midi et le samedi. Elle a une grande et belle maison, bien plus grande et belle que la mienne. La mère de Calou ne travaille pas. Elle s'occupe de la maison, des enfants, de son mari et de nos  goûters. Elle donne aussi des cours de catéchisme le Jeudi matin. Je joue au marchand avec Calou. Je suis l'épicier avec le crayon papier coincé derrière l'oreille. Je vends des échantillons de produits ménagers. Le Cif pour récurer l'évier en inox. La lessive Bonux pour laver les habits des poupées et du baigneur noir. Le Paic citron pour la vaisselle en pyrex. Le Mr Propre pour le carrelage à petits carreaux multicolores. Calou fait ses courses et achète ce qu'elle veut dans mon épicerie. Elle me paye avec les billets du Monopoly. Elle a des enfants bruyants et sales qu'elle tape souvent en prenant une voix aigue comme celle de sa mère.   

Quand Calou ne veut plus jouer à la marchande nous jouons à la balle contre le mur de sa maison. Nous chantons en même temps que nous lançons la balle contre le mur.  

Sans bouger.

Sans rire.

Sans parler.

D'un pied, de l'autre.

D'une main.

Petite tapette.

Grande tapette.

Moulinet.

Croisé et tour de France.

Quand Calou ne veut plus jouer à la balle nous jouons à la poupée dans son sous-sol. Il faut sans arrêt, déshabiller, habiller, promener, laver ou peigner les poupées et Calou a beaucoup de poupées. Le baigneur noir est particulièrement difficile à habiller. Il est beaucoup trop gros, pas assez articulé et surtout, rien ne lui va.

Quand les poupées dorment Calou veut jouer à la corde à sauter. Pour jouer à deux, il suffit d'accrocher la corde à une porte.

Mademoiselle Calou est la préférée

De Monsieur Laurent  qui veut l'épouser.

Si c'est oui c'est de l'espérance,

Si c'est non c'est de la souffrance

Oui, non, oui, non 

Calou ne sait pas bien sauter à la corde et elle a vite fait de toucher la corde et de trébucher sur un non. C'est toujours de ma faute quand c'est non. Elle dit que je vais beaucoup trop vite et va se plaindre à sa mère qui la console en lui caressant les cheveux. C'est souvent à ce moment là que la maman de Calou me demande de rentrer vite chez moi. Je prends mon vélo et retourne à la maison en me disant que vraiment, Calou est une mauvaise joueuse.

Commentaires

Tous ces jeux que tu évoques... je me revois dans la cour de l'école ou bien lançant la balle contre le mur de la maison... Tu as eu beaucoup de patience avec cette Calou...

Ecrit par : tilleul | mardi, 16 décembre 2008

J'adore ce texte et comme à chaque fois on s'imagine avoir vécu des moments . Amitiés

Ecrit par : toutaubord | mardi, 16 décembre 2008

C'est toujours un bon moment ce passage chez toi Marc...
des souvenirs qui reviennent aussi
Bonne journée

Ecrit par : Fay | mardi, 16 décembre 2008

Et l'élastique ? tu jouais pas à l'élastique avec Calou (cette peste ;-)

Ecrit par : madame de K | mardi, 16 décembre 2008

Sourire.
Ah les filles, toujours à se plaindre pour rien!
Joli retour vers un passé indélébile.
Merci de nous le raconter ainsi, dans ce présent.

Ecrit par : lidia | mardi, 16 décembre 2008

Tilleul = Je jouais à tous ces jeux de fille avec beaucoup de plaisir. J'ai même le souvenir de m'avoir un peu caché pour y jouer.
Toutaubord = Des souvenirs d'enfance qui s'entremêlent dans ma mémoire. Calou est le diminutif de Pascale et cette petit Calou a existé.
Fay = Merci. J'ai beaucoup aimé les images de ce livre pour enfant que tu as redécouvert. L'image des enfants sur le mur est particulièrement jolie elle ferait une bannière vraiment sympa. Il y a aussi une petite chanson enfantine.
Madame de K = Je jouais aussi à l'élastique. Les jeux des filles étaient particulièrement compliqués avec des règles précises, des chansons, des accessoires. Ils étaient bien différents des jeux des garçons.
Lidia = Calou Petite fille capricieuse qui me menait par le bout du nez et dont j'enviais les jouets et la mère toujours disponible et qui ne travaillait pas

Ecrit par : Marc | mardi, 16 décembre 2008

belle evocation de l'enfance ... tout le monde a plus ou moins une Calou, au fond de sa mémoire, non ? même quand les souvenirs remontent à l'époque loù le Jeudi etait jour de congé :). ça vous date un homme mieux que le Carbone14 et la lessive Bonux, cette affaire là :)

Ecrit par : Autres rivages | mardi, 16 décembre 2008

Je me rappelle tous ces jeux "de filles"... Gamin, mes meilleurs amis étaient des meilleures amies... Jouer à l'élastique (j'étais plutôt bon, "pour un garçon"), à la poupée, à la marchande et tout et tout... Mais ça ne m'a pas beaucoup aidé, contrairement à ce que je pensais, à comprendre la "psychologie féminine hélas... :p

Je me rappelle également que ma petite soeur avait un baigneur noir elle aussi, et même que quand on lui donnait à boire il faisait pipi... Cela nous faisait beaucoup rire !

Bonne journée Marc !

Ecrit par : uhsn | mardi, 16 décembre 2008

Calou, Pascale ? Elle n'habite pas dans la région lyonnaise aujourd'hui ?
Encore un petit coup de "mistral gagnant" chez toi. Toujours agréable.

Ecrit par : louis | mardi, 16 décembre 2008

Autres rivages = J'ai rigolé en te lisant tu as raison cela date. J'ai fais des recherches. Le jour de repos le jeudi (jour de repos et de catéchisme dans la scolarité enfantine) est passé au Mercredi en 1972.
Uhsn = J'avais horreur de l'élastique mais j'étais extrêmement adroit à la balle. Jeux des filles ou des Garçons ce sont des périodes d'apprentissages importantes dans une vie.
Louis = Merci

Ecrit par : Marc | mardi, 16 décembre 2008

le monde enfantin des filles a toujours été pour moi un mystère. à vrai dire, à part ma cousine, de 4 ans mon aîné, et qui passait plus de temps à râler à propos du bazar que je laissais dans sa chambre, tel un ouragan, je n'ai joué qu'avec des garçons dans ma jeunesse (à la bagarre, aux playmobils, aux cow-boys, au foot ou à zorro...) à l'école ou en vacances. un vrai cliché!
néanmoins, je l'ai découvert depuis quelques années grâce aux filles d'amis ou de parents, et j'avoue que c'est une sacrée école de la patience...
au final, merci pour ce joli texte très intimiste.

Ecrit par : charlemagnet | mardi, 16 décembre 2008

Le Palais Royal est un beau quartier, mais dangereux à fréquenter ; on y rencontre des pestes, des Saintes Nitouches. Pour y survivre, il faut être un dur, un vrai, avec du rouge aux genoux, et foncer dans les cordes pour les embêter. Les gentils, ceux qui tournent la corde, eux, n'ont aucune chance, à eux, la souffrance.

Ecrit par : Berthoise | mardi, 16 décembre 2008

Mais qu'est-ce qu'on est bien chez toi! Je t'assure, c'est du plaisir pur de te lire, tu racontes et on est bien. On a envie que ça ne cesse pas et de regarder encore Calou et Laurent (ou toi?) se chipoter, rire, partager leurs petits mots d'enfants...merci!

Ecrit par : Yaëlle | mardi, 16 décembre 2008

Un air de temps des secrets à la Pagnol......

Ecrit par : tilu | mardi, 16 décembre 2008

quoi? tu veux dire que les filles sont des chipies qui mènent les garçons par le bout du nez???
nonnnnn même pas vrai...
je ne te le renverrai pas, il est parfait :)

Ecrit par : carl | mardi, 16 décembre 2008

Charlemagnet =Merci pour ton passage ici. J'ai envie de découvrir aussi ton blog.
Yaelle = Reste si tu veux, promene toi comme tu veux, fouille, les armoires sont pleines ;=)
Tilu = C'est trop là.
Carl = Génial! c'est ça l'objectif .... celui là je l'ai épluché.

Ecrit par : Marc | mercredi, 17 décembre 2008

J'ai des souvenirs similaires , on jouait dans le sous sol , pour ne pas salir le pavillon tout neuf chez des voisines , leur mère faisait le catéchisme et elle proposait à se voisines ,des réunions Tupperwarre
puis le fameux Thermomix
Cest vrai qu'on se fâche vite quand on est enfant ..

Ecrit par : Jeanne | mercredi, 17 décembre 2008

à chaque fois le vertige.
Tes mots, mes souvenirs.

Ecrit par : soleildebrousse | mercredi, 17 décembre 2008

Tiens je n'avais jamais réfléchi sur le fait que les jeux de filles sont faits de règles très compliquées à intégrer tandis que ceux de garçons s'apparentent plus à du défoulement (et de la transgression ?).
Je me souviens de l'élastique, auquel on pouvait jouer seule, en le coinçant derrière des pieds de chaise.
Je me souviens de balles aussi, contre un mur, j'ai du arriver à jongler avec 4 balles.
Les marelles aussi.
Mais on avait beaucoup de jeux collectifs, dans l'impasse où je vivais, avec plein d'enfants plus ou moins de mon âge : la délau, la balle au prisonnier, le renard et les poules, et puis, les balançoires de cordes fixées par les pères, les patinettes, et un deux trois soleil.

Moi aussi j'aime beaucoup tes textes qui me renvoient en arrière à vitesse grand V.

Ecrit par : Audine | jeudi, 18 décembre 2008

Calou est mon amie d'enfance, sa maman était ma nourrice et m'a gardée toute petite, Calou avait un an de plus que moi, nous sommes allées à l'école primaire ensemble, au Collège ensemble, au lycée ensemble et même à la Fac ensemble.
Puis Calou a choisi de laisser tomber sa corde à sauter, son élastique, ses poupées, ses jeux de marchande, en octobre 2008 dernier, car son enfance sereine n'a pas été à l'identique de sa vie d'adulte plus mouvementée, faite de moins de rire mais de plus de larmes et de blessures dissimulées tant bien que mal dans son grand coeur...elle est allée voir de l'autre côté du miroir si elle allait retrouver un monde où l'enfance et l'insouciance ne cessent jamais.

ELLE ME MANQUE PROFONDEMENT, même si je la sais heureuse et allégée de ses peines et souffrances tues...
Je t'aime ma Calou, ma petite soeur de coeur, à jamais, éternellement. Je ne t'oublie pas, à chaque fois que mon coeur meurtri bat, il t'envoie un baiser..........
Ne m'oublie pas toi non plus s'il-te-plaît.....si tu savais ma peine actuelle et combien moi aussi j'aimerais retrouver les joies de notre enfance passée ensemble. Mais je me dois avant de terminer ma mission sur cette foutue Terre : aider ceux qui sont dans la détresse quelle qu'elle soit, et élever au mieux mes trois enfants.
Mais je te promets que l'on se retrouvera.........et j'espère que ce sera toi qui viendras me chercher....mais il faut attendre encore beaucoup d'années, tu l'as bien compris et je t'en remercie ma Calou.......

K@rine

Ecrit par : GUEZET-NEE | dimanche, 21 juin 2009

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