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jeudi, 19 octobre 2006
La dictée.
Je suis à l'école en primaire au CM1 ou au CM2. Je ne me souviens plus. Le maître c'est Mr Bouillon. C'est un vieux monsieur méchant en blouse grise. Il nous donne des coups de règle sur les doigts quand nous nous trompons. Il marche dans les allées le livre à la main. Il dit la dictée en parlant fort. Un camarade est debout dans le coin de la classe sous la carte de la France. Il est puni. Je surveille le bruit des souliers de Mr Bouillon sur le parquet. Nous sommes tous penchés sur nos cahiers. Il ne marche plus. Il est juste derrière au dessus de mon épaule. Je sens son haleine. J'ai peur. Je tremble. Je n'arrive pas à réfléchir. Il répète la dernière phrase de la dictée en insistant sur les accords, les virgules et les points. Il fait des pauses. Pour moi. Parce que je suis lent. C'est toujours comme ça. C'est dur. Je n'y arrive pas. Je suis nul. Je vais encore avoir un 2 sur 10.
C'est l'hiver et il neige, mes chaussures sont humides. J'ai froid aux pieds et mes chaussettes sont trempées. Je n'ai pas osé demander pour les faire sécher sur le radiateur du hall. La dernière fois on me les a volées. Maman va encore gueuler. Je n'ai pas envie d'être malade. Elle va être obligée de prendre des jours pour me garder. Pourvu que la neige tienne et que Mr Brudi n'ait pas le temps de mettre le sel dans la cour. J'ai envie de courir et de faire des bagarres de boules de neige même si c'est interdit. Je tourne la tête et regarde le grand marronnier dans la cour. Je regarde aussi tout le temps la pendule au dessus du bureau du maître. La récré est dans 15 minutes. La dictée continue. Il faut que je fasse attention. C'est long. Je me demande ce que je fais là.
19:40 Publié dans Enfance, Mémoire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, Nouvelles et textes brefs, écriture, écritures, blog



Commentaires
sadique mr bouillon en le fera cuire au long bouillon
Ecrit par : mercedes | jeudi, 19 octobre 2006
Oui, on peut tomber sur un maître d'école gentil mais aussi à l'inverse sur un pervers. Moi j'aurais perdu mes moyens. Je n'aime pas qu'on reste planté derrière moi quand j'écris.
Bonne continuation Marc.
Ecrit par : elisabeth | jeudi, 19 octobre 2006
Ton texte me fait penser aux photos des écoliers de Doisneau !
Ecrit par : tinou | vendredi, 20 octobre 2006
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